Individualisimu, egoisimu, sulitudina:

Individualisme, égoïsme, solitude:

 

 

« Curciu à chì hè solu ! »

Malheur au solitaire !

Stu pruverbiu, com’è quiddi chì suvetani, dani à a sulitudina un sintimu di disgrazia è d’adisperu. Parini cunfirmà u stintu naturali di i corsi à accoddasi (clan, famidda…) par meddu luttà contru à a disgrazia, i difficultà è i priculi di a vita. Sta manera di cuncipì a vita suciali hè cumuna à d’altri culturi è pari essa arradicata in i valori cristiani.

Ce proverbe, comme ceux qui suivent, accordent à la solitude une valeur de malheur et de désespoir. Ils semblent confirmer la tendance naturelle que les corses avaient à se regrouper (famille, clan…) pour mieux affronter les malheurs, les difficultés et les dangers de la vie. Cette conception de la vie sociale est partagée par d’autres cultures et semblent bien enraciné dans les valeurs chrétiennes.

«  Ay del solo ! » (Spagnolu)

 «  Même au paradis il n’est pas bon être seul. » (Roumain)

«  La solitude ne convient qu’à Dieu. » (Grec)

«  Sans compagnons humains, le paradis même deviendrait un lieu d’ennui. » (Arabe)

«  On peut guérir de tout dans la solitude, hormis du caractère. » (Stendhal)

«  L’Eternel Dieu dit : «  Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide semblable à lui. » (Ancien Testament)

«  L’enfer est tout entier dans ce mot : solitude. » (Victor Hugo)

«  Un sage solitaire ne vaut pas une bande de sots. » (Vietnamien)

« L’homme renfermé a de mauvaises mœurs. » (Kongo ; Afrique)

« Curciu à chì ùn hà ghjenti. »

Malheureux qui n’a personne.

«  La solitude désole le cœur et contente l’esprit. » (Camille Belguise)

«  Bien qu’on vante la solitude, à la longue elle fait bailler. » (A. Trembley)

«  Homme seul est viande à chiens. » (Français)

« Même au paradis il n’est pas bon d’être seul. » (Roumain)

« La solitude est une tempête de silence qui arrache toutes ses branches mortes. » (Chinois)

« Il ne sert à rien de fuir la solitude, il faut l’apprivoiser. »

« A solitudine hè a nemica di i cristiani. »

La solitude est l’ennemie des hommes.

 « Curciu à chì si vidi cù l’ochja di l’altri. »

Malheureux celui qui regarde avec les yeux des autres.

« À chì hà bisognu di l’ochji di l’altri per vedeci, hè bellu cecu. »

Celui qui a besoin des yeux des autres pour voir, est vraiment aveugle.

Curciu à quiddu chì si lascia strascinà da l’altri.

Malheur à celui qui se laisse influencer par les autres.

« L’omu solu, u si manghjani i ghjacari. » (v. sulitudina, omu, ghjacaru)

L’homme seul se fait dévorer par les chiens.

«  Homme seul est viande à loup. » (Français)

 «  Poule égarée est bonne pour le renard. » (Rég. Agen)

« Disgraziatu quiddu chì ùn hà à nimu pà pienghjalu. »

Malheureux celui qui n’a personne pour le pleurer.

Sintimu più pricisu è più dulci di a sulitudina in i citazioni chì suvetani :

Approche plus nuancée et plus relativisante de la solitude dans les citations  suivantes :

«  La solitude est à l’esprit ce que la diète est au corps, mortelle lorsqu’elle est trop longue, quoique nécessaire. » (Vauvenargues)

«  L’homme est incapable de vivre seul, et il est incapable aussi de vivre en société. » (Georges Duhamel)

«  On ne peut être juste tout seul, à l’être tout seul on cesse de l’être. » (Maurice Merleau-Ponty)

« Grande villa (cità), grande solitudine. »

Grande ville, grande solitude.

Oghji ch’hè oghji, si vidi à spissu u pocu rilazioni tra aghjenti di i cità. À volta, i vicini di balettu ùn si parlani mai. Stu mancu di cumunicazioni è di sulidarità porta à spissu à un sintimu di forti sulitudina in un locu piena à ghjenti. L’impiegu di a parola » villa » par « cità » oghji hè duvintata un’abitudina. Si tratta di un francisumu monda spartu.

De nos jours il est courant de constater le manque de relations entre les gens dans les villes. Quelquefois, des voisins de palier ne se sont jamais parlés. Ce manque de communication et de solidarité conduit souvent à un sentiment de grande solitude dans un lieu pourtant si peuplé. L’emploi du mot « villa » pour « cità » est devenu fréquent de nos jours. Il s’agit d’un gallicisme très répandu.

« À chì vole campà solu si ne vada in i boschi. »  (v. gioia)

Qui veut vivre en ermite s’en aille dans les bois.

« À chì vole campà solu, pigli a machja. »

Celui qui veut vivre tout seul, qu’il prenne le maquis.

Simbulu di una vita sulitaria, micca spartuta incù a cumunità. Sarà a manifestazioni di una grazia piatta ?

Symbole d’une vie solitaire, non partagée avec la communauté. Est-ce la manifestation d’un bonheur caché ?

« Chi mangia solo, muore solo. » (Talianu)

«  Cosa cumplida, solo en la otra vida. » (Spagnolu)

 «  Pour vivre heureux vivons caché. » (Jean Pierre Claris de Florian)

«  Bienheureux est celui qui, très loin du vulgaire, vit en quelque rivage, éloigné, solitaire. » (Vauquelin de la Fresnaye)

«  La vraie solitude se peut jouir au milieu de villes et de cours de rois ; mais elle se jouit plus commodément à part. » (Montaigne)

« Dans le silence de la solitude, on n’entend plus que l’essentiel. »

O sarà una incapacità à prufità di a grazia spartindula incù l’altri ?

Ou est-ce une incapacité à profiter pleinement du bonheur en le partageant avec d’autres ?                                                  

«  Nos joies ne sont pas complètes s’il n’y a personne pour les partager. » (Espagnol)

« Il n’y a pas d’hiver sans neige, de printemps sans soleil, et de joie sans être partagée. » (Serbe)

 « À chì ùn piscia in cumpagnia, o hè buciardu o hè a spia. » (v. bucia)

Celui qui ne pisse pas en compagnie est un menteur ou un espion.

Monda sfida par tutti quiddi chì ùn facini micca com’è l’altri.

Grande suspicion pour toute personne qui a des agissements non conforme à la règle du groupe.

«  Chi non beve in compagnia o è ladro o è spia. » (Talianu)

«  Chi nen piscia ‘n compagnia c’esce la serpa pe’ lla via. » (Abruzzo)

“ Chi no oissa in compania, o xe ladro o xe una spia.” (Istria)

 « Amatu ùn serai, se à te solu penserai. »  (v. amori)

Tu ne seras pas apprécié si tu ne penses qu’à toi.

«  Amato non serai, se a te solo penserai. » (Talianu)

« Nacque per nulla chi vive solo per sè. » (Talianu)

 «  Ah ! Celui-là vit mal qui ne vit que pour lui. » (A. De Musset)

« Qui mange seul est le frère de Satan. » (Persan)

« Il est en péril celui qui n’estime que son opinion. » (Arabe)

« Hè megliu cù l’altri sparte chè solu bramà. » (v. brama)

Il vaut mieux partager avec les autres qu’envier tout seul.

« Ùn hà nè fiddola, nè cagnola. »  (v. ghjacaru)

Il n’a ni enfants, ni petits chiens. (Il est seul, sans héritier.)

« Solu cum’è un cane. »

Seul comme un chien.

« Ùn hà nè  ventu à l’aghja nè figlioli à a ziglia. »

Il n’a ni le vent à l’aire, ni enfant au foyer. (Il est absolument tout seul)

« Ùn si senti un’ anima. »

«  Il n’y a pas âme qui vive. » (Français)

« Ùn si senti un frisciu (un zittu, un ansciu). »

On n’entend pas un souffle.

 «  Il y a un silence de mort. » (Français)

« Ùn ci era mancu un fiatu. »

Il n’y avait pas une âme.

« Ùn ci hè un’ anima cristiana. »

Il n’y avait pas une âme chrétienne.

« Ùn avemu trovu un cristianu. »

Nous n’avons pas trouvé de chrétien.

«  Il n’y a pas âme qui vive. » (Français)

«  Il n’y a pas un chat. » (Français) 

« Chì ùn senti chè una campana, ùn senti chè un chjoccu. » (v.  tistardizia)

Celui qui n’entend qu’une cloche, n’entend qu’un seul son.

«  Le campane bisogna sentirle suonare tutt’e due. » (Talianu)

«  A sentire una campana sola si giudica male. » (Toscana)

«  Chi sente una campana en un sente l’antra, è un brutto sono. » (Lazio)

«  Qui n’entend qu’une cloche n’entend qu’un son. » (Français)

« Ùn si vede un cane. »  (v. ghjacaru)

On ne voit pas un chien.

«  Il n’y a pas un chat. » (Français)

« Una noci sola ind’u saccu ùn faci rimori. »

Une seule noix dans un sac ne fait pas de bruit.

«  Una noce in un sacco non fa rumore. » (Toscana)

 « Un tizzonu solu faci pocu focu. »

Une braise toute seule ne fait pas beaucoup de feu.

«  Un tison isolé ne brûle pas. » (Catalan)

«  Une seule bûche ne peut faire un feu. » (Thaï)

«  Un seul bambou ne fait pas un radeau. » (Chinois)

«  Une seule main n’applaudit pas. » (Arabe)

«  Un seul bracelet ne tinte pas. » (Africain)

« Une seule main ne peut attacher un fagot. » (Africain)

« Ugnunu tira l’acqua à u so mulinu. »

«  Ognuno tira l’acqua al suo mulino. » (Talianu)

«  Arrimar el ascua a su sardina. » (Spagnolu)

«  Chaque moulin tire l’eau à lui. » (Français, XIII° s.)

«  Chacun tire l’eau à son moulin. » (Meurier, 1 568)

«  Charité bien ordonnée commence par soi-même. » (Français)

«  Chacun prêche pour sa paroisse. » (Français)

«  Faire venir l’eau à son moulin. » (Espagnol)

«  A la cour du roi, chacun y est pour soi. » (Français). (Chacun travaille pour son intérêt)

«  Chacun tire la couverture à soi. » (Français et  Bulgare)

«  Chacun tire l’eau à son moulin et laisse à sec son voisin. » (Catalan)

«  Chacun attise les braises de son propre poêle. » (Tchèque)

«  Tout le monde file pour son moulin. » (Néerlandais)

« Chì fà da se,  faci per trè. »

Qui agit seul agit pour trois.

Stu pruverbiu moscia bè l’appiicazioni è u sforzu fattu par quiddu chì travadda par se stessu. Hè vera chì ugnunu si dà di più quand’iddu travadda par se.

Ce proverbe met en évidence le soin et l’ardeur, apportés par l’individu à accomplir des tâches personnelles. Il est reconnu qu’on s’investit davantage lorsqu’on travaille pour son propre compte.

«  Fai da te e farai per tre. » (Talianu)

«  Chi fa da sé fa per tre. » (Talianu)

«  Chie achete dai solu, achete po trese. » (Sardegna)

«  Cui fa, pe iddhu fa. » (Calabria)

 «  Chat qui gratte, gratte pour lui. » (Russe)

«  Compte plutôt sur ton âne que sur le cheval de ton voisin. » (Auvergne)

« Si tu dors sur la natte de ton voisin, tu dors par terre. » (Africain)

« À chì voli essa sicuru, faci da par se. »

Si u veux être sûr, fais-le toi-même.

«  Chi da sé può fare, non aspetti che altri faccia. » (Talianu)

«  Chi comanda e fa da se, xe servido come un re. » (Venezia Giulia)

«  Chi comanda e fa da sé, è servito come un re. » (Talianu)

 «  Ne t’attends qu’à toi seul. » (Français)

« Rame sur ton propre bateau. » (Grec)

«  On n’est jamais si bien servi que par soi-même. » (Ch. –G. Etienne)

«  Compte plutôt sur ton âne que sur le cheval de ton voisin. » (Auvergne)

«  Si tu sais faire refroidir ta bouillie, n’y emploie pas le souffle d’autrui. » (Néerlandais)

« Compte plutôt sur ton âne que sur le cheval de ton voisin. » (Auvergnat)

« À chì face, face à sè, tantu u male chè u bè. »  (v.mali)

Qui fait, fait à soi, autant pour le mal que pour le bien.

« Il n’y a que ton doigt qui peut gratter ton dos. » (Arabe)

« Pridichighja par iddu. »

Il prêche pour lui.

«  Il prêche pour sa paroisse. » (Français)

« Quelli chì ùn pensenu chè a so trippa, ùn valenu una scicca. »

Ceux qui ne pensent qu’à eux-mêmes ne valent pas grand-chose.

«  Chi mangia solo, crepa solo. » (Talianu)

«  Chi magna da solo se strozza. » (Lazio)

«  Chi magna sulo, s’affoga. »(Campania)

 «  Qui mange seul sa côtelette, sera seul à seller la bête. » (Espagnol)

«  Qui mange seul est le frère de Satan. » (Persan)

«  Celui qui mange seul son pain soulève son fardeau avec les dents. » (Turc)

«  C’est n’être bon à rien de n’être bon qu’à soi. » (Voltaire)

« Pecura nera, pecura bianca, à chì mori mori, à chì campa campa. »  (v.  morti, pecura)

Peu importe qui meurt ou qui vit. (Egoïsme, individualisme.)

Les vivants vivent, les morts sont morts.

«  A muertas y a idos, no hay amigos.” (Spagnolu)

«  Chi muore giace, chi vive si dà pace. » (Talianu)

“ I murt in tèra, i viv a la scudèla.” (Emilia)

«  Solo chi è morto, chi è vivo si dà conforto. » (Toscana).

«  Tan presto se va el cordero como el carnero. » (Spagnolu)

 «  On ne sait ni qui meurt ni qui vit. » (Français) 

«  Le mort n’a pas d’amis. » (Français)

«  Autant meurt veau que vache. » (Français)

« Lascià falà tuttu pè u fiume. »

Vivre égoïstement.

« Quand’unu tene a cochja, l’altru si lecca. »

Quand l’un tient la louche, l’autre se lèche.

« À chì inciccia, à chì manghja. » (v. prufittera)

A qui imbibe (trempe), à qui mange.

Tuttu par quiddu chì teni u beddu cantu.

Tout pour celui qui tient le bon bout.

«  C’è chi semina e chi raccoglie. » (Talianu)

«  C’è chi tira il carretto e chi sta a sedere. » (Talianu)

«  Cui si mangia l’ossu e cui si mangia ‘a pruppa. » (Calabria)

 «  L’un bat les buissons, l’autre prend les oiseaux. » (Français)

«  Qui hésite et bat les buissons, un autre vient qui prend l’oisillon. » (Anglais)

« Una rocca pocu fila è un solu remu pocu tira. »

Un rouet tout seul file peu de laine et une seule rame fait peu avancer la barque.

“Fà u cardu vivu in u locu.”

«  Vivre en ermite. » (Français)

«  La solitude ne dépend pas de l’extérieur ; c’est une chose du dedans. » (E. Estaunie)

« La solitude est le nid des pensées. » (Kurde)

« Stà piattu cum’è a cimicia. »

Vivre caché comme la punaise. (Mener une vie cachée, loin des regards d’autrui)

« Chì ùn cura à se  pò tumbà ancu u rè. »

Quand on ne pense pas à soi, on peut tuer le roi.

“Ugni cecu pienghji i so ochji.”

Chaque aveugle pleure pour ses yeux.

U mali di l’altri hè menu risintitu o sprtutu. Listessi par quiddu chì hè incarricatu di fà sapè i cattivi nutizii. Ùn risenti tantu pena.

Le mal d’autrui est moins ressenti ou partagé. De même celui qui est chargé de communiquer les mauvaises nouvelles n’en ressent pas pour autant de la peine.

«  A ciascuno il suo. » (Talianu)

«  A ignùn e’ su. » (Romagna)

«  Quant che ognidun al à il so, il diaul nol à nuje. » (Friuli)

«  A ognidun ghe va el suo e al diavolo gnente. » (Istria)

“ Ognuno va al molino col suo sacco.” (Talianu)

«  Ognun si pari le mosche con la sua coda. » (Toscana)

“ Ambasciatore no porta pena.” (Talianu)

«  Cada uno habla de la feria sugún le va en ella. » (Spagnolu)

«  Mal ajeno, del pelo cuelga. » (Spagnolu)

«  Allá darás rayo, en casa de Tamayo. » (Spagnolu)

 «   Chacun pour soi. » (Français)

«  Que chaque renard prenne soin de sa propre queue. » (Italien)

«  Chaque chèvre s’appuie sur ses propres pattes. » (Bulgare)

«  Chacun met du bois sous sa marmite. » (Russe)

«  Chacun se plaint que son grenier n’est pas plein. » (Français)

«  Chacun voit les choses selon son intérêt. » (Français)

«  Mal d’autrui n’est que songe. » (Français)

«  Chacun dort tranquille sur la blessure d’autrui. » (Gaélique)

«  Nous n’avons pas toujours assez de force pour supporter les maux d’autrui. » (Emile Chartier dit Alain)

«  Quand le tonnerre gronde, chacun pose sa main sur sa tête. » (Bambara ; Afrique)

« U duttori passa è veni, u so mali, à chì l’hà, u si teni. »  (v. mali)

Un docteur passe et l’autre vient, chacun garde son mal.

«  A mal mortale, né medico, né medicina vale. » (Talianu)

 «  Trop de docteurs, peu de médecins. » (Français)

« Dinari è pena in corpu, à chì l’hà sò i soi. »  (v. soldi, pena)

L’argent et le mal au ventre ne se partagent pas. Chacun les garde pour soi.

«  Guai e pene, chi ce li ha se li tiene. » (Talianu)

«  Guai e peni, chini l’ha si li teni. » (Calabria)

«  Al que le duele la muela, que se la saque. » (Spagnolu)

 «  Que chacun règle ses propres affaires. » (Espagnol)

«  La misère du bœuf n’est pas une peine pour un cheval. » (Martinique)

«  Le bœuf de la vallée ne connaît pas les souffrances du bœuf de la colline. » (Français)

« Ciò chì piace à i mio denti, ùn hè per l’amici, nè pè i parenti. »

Mes plats péférés ne sont ni pour mes amis ni pour mes parents.

« Affidatu à unu, affidatu à nissunu. »  (v. sfiducia)

Confiance mal placée en une seule personne.

A cunfidenza in una sola parsona pari essa un risicu maiò. Ùn pirmetti micca a misura nè a rimissa in quistioni. Fà ch’idd’ùn sia micca ghjustificata o virificata, è tuttu pò andà di mali, par via ch’idd’ùn ci hè nissun parapettu, nissuna contraparti à l’unicu.

La confiance en une seule personne paraît être un risque non mesuré. Elle ne permet pas de mesure ni de remise en question. Pour peu qu’elle ne soit pas justifiée ou vérifiée, tout peut s’écrouler, car il n’y a aucun rempart, aucune contrepartie à l’unité.

«  Compagnia di uno, compagnia di nessuno ; compagnia di due, compagnia di Dio ; compagnia di tre, compagnia di re ; compagnia di quattro, compagnia di matti. » (Talianu)

 « À chì hà un ochju solu spessu u tocca. »

Qui n’a qu’un œil (ou un fils) souvent le touche.

« Poca ghjenti, meddu festa. » 

« Più pochi semu, miglior’ festa. »  ( v. festi)

Quand il y a peu de monde, la fête est meilleure.

 «  Zente poca, festa larga. » (Sardegna).

«  Mientras menos seamos, más nos divertiremos. » Spagnolu)

 « Troppu ghjente, omu solu. » (v. omu)

On est souvent seul dans la foule.

« Hè megliu à dì u meiu chè u nostru. »

Il vaut mieux dire le mien que le nôtre.

«  Plutôt mon corbeau que le rossignol d’autrui. » (Turc)

«  Une petite maison en ruines vaut mieux qu’un palais en commun. » (Arabe)

«  C’est le fait de Satan de dire « Moi ». » ( Turc)

“U meiu, meiu, è u toiu inseme.”

«  Lo mìo mìo, y lo tuyo de los dos. » (Spagnolu)

«  Lo mio, mio, y lo tuyo, de entrambos. » (Spagnolu)

«  Ce qui est à moi est à moi, et ce qui est à toi est à nous deux. » (Espagnol)

«  L’égoïste est celui qui n’emploie pas toutes les minutes de sa vie à assurer le bonheur de tous les autres égoïtes. » (Lucien Guitry)

«  Mien, tien, « Ce chien est à moi, disaient ces pauvres enfants ; c’est là ma place au soleil. » Voilà le commencement et l’image de l’usurpation de toute la terre. » (Pascal)

«  Le mien et le tien sont la cause de toutes les disputes. » (Danois)

« Ad ugnunu piaci u soiu. »

«  Chacun aime le sien. » (Français)

« Malasciu à chì stà à l’affollu di l’altru. »  (v. suttumissioni)

Malheur à celui qui vit aux dépens d’autrui.

« Qui compte sur les autres, soupe tard et mal. » (Catalan)

«  S’il faut obéir par force on n’a pas besoin d’obéir par devoir. » (Jean Jacques Rousseau)

« L’oiseau n’apprend pas à voler avec les ailes d’un autre. » (Africain)

« Megliu andà solu chè male accumpagnatu. »

«  Meglio soli che male accompagnati. » (Talianu)

«  Más vale estar solo que mal acompañado. » (Spagnolu)

«  Il vaut mieux être seul que mal accompagné. » (Pierre Gringore)

«  Beaucoup mieux seul qu’avec des sots. » (La Fontaine)

« U pane di l’altri face vene a tossa, à chì pruvatu ùn l’hà, pruvà lu possa. »

Le pain des autres donne la toux, celui qui n’a pas essayé, puisse-t-il le faire.

« U pane di l’altri face tussà. »

Le pain des autres donne la toux.

 « U pani di l’altri hè salitu. »  (v.fami, mudestia)

Le pain des autres est salé.

Ci voli di sapè cuntintassi di ciò chì s’hà. Ùn cuntà micca annant’à l’altri.

Il faut savoir se contenter de ce qu’on trouve chez soi. Ne pas compter sur les autres.

«  Il pane degli altri a sette croste. » (Talianu)

 «  Il pane altrui sa di sale. » (Talianu)

«  Il pane degli altri è salato. » (Toscana)

 «  Le pain d’autrui est amer. » (Français)

“Ugnu porta a so cruci.”   (v. disgrazia)

«  Ognuno porta la sua croce. » (Talianu)

«  Chi ccroce nun ha, pija un zeppo a sse la fa. » (Lazio)

«  Non hay casa que no tenga su chiticalla. » (Spagnolu)

«  Cada uno lleva su cruz. » (Spagnolu)

«  Levar la cruz a cuestas. » (Spagnolu)

«  Chacun porte sa croix. » (Français)

«  Les larmes du monde sont immuables. Pour chacun qui se met à pleurer, quelque part un autre s’arrête. Il en va de même du rire. » (Samuel Beckett)

“Ugnunu porta a so soma.”

Chacun porte son fardeau.

« À chì n’hà, n’hà. »

Qui en a, en a.

“ Chi ha avuto ha avuto e chi ha dato ha dato. » (Talianu)

 « Hè prima u Corpusdomini chè San Ghjuvanni. »  (v. festi/mesi)

Le Corpusdomini vient avant la Saint Jean. (Songer d’abord à soi et aux autres après)

«  Charité bien ordonnée commence par soi-même. » (Français)

« Ancu Ghjesucristu si fece a barba avanti à l’apostuli. »   (v. Diu)

Jésus Christ lui-même se fit la barbe avant les apôtres.

«  San Pietru s’ha fattu prima ‘a varba sua. » (Calabria)

«  La caridad bien ordenada empieza por uno mismo. » (Spagnolu)

«  Primero son mis dientos que mis parientes. » (Spagnolu)

«  Si quieres ser bien servido, sìrvete a ti mismo. » (Spagnolu)

 «  Charité bien ordonnée, commence par soi-même. » (Français)

«  On n’est jamais si bien servi que par soi-même. » (Ch.-G.Etienne)

«  Le pope bénit d’abord sa barbe. » (Grec)

«  Le prêtre baptise d’abord son propre enfant. » (Gaélique)

«  La bonne lavandière lave sa blouse d’abord. » (Espagnol)

« Primu prossimu hè se stessu. »

«  Charité bien ordonnée commence par soi même. » (Français)

« Ugnunu balla à so sensu. » (v. diffarenza)

“ Ognuno a suo modo è gli asini all’antica.” (Talianu)

«  Ognidun l’è padron de pensà come el voeur. » (Lombardia)

«  Cada quisque busca en la feria lo que mejor le cuadre. » (Spagnolu)

«  Chacun est libre de ses opinions. » (Français)

«  Chacun prend son plaisir où il se trouve. » (Français)

«  Autant de têtes, autant d’avis. » (Français)

«  A chacun sa vérité. » (Français)

«  A chaque fou sa marotte. » (Français)

«  Chaque renard porte sa queue à sa manière. » (Français)

«  Chaque chien lèche sa queue selon son goût. » (Martinique) »

« À chaque chasseur de buffle sa technique. » (Africain)

« Ugnunu per sè è Diu per tutti. »  (v. Diu)

«  Ognun per sé e Dio per tutti. » (Talianu).

«  Chacun pour soi et Dieu pour tous. » (Français)

« Chì si spicca hè per a volpe. »  (v. vulpi)

Celui ou celle qui quitte le troupeau est destiné au renard.

«  La pecora che si sbranca, la fiera la mangia. » (Talianu)

 « Mortu eiu, cripatura ! »  

Après ma mort, tout le monde peut crever.

« Morga Sansone cù tutti i filisteri ! »

Puisse mourir Sanson avec tous ses « filisteri ».

« Chì appressu vinarà, i catari chjudarà. »  (v. ingratitudina, morti)

Celui qui viendra après moi, fermera les barrières.

Altra manera di dì, ùn aghju nudda à chì fanni quandu saraghju mortu.

Autrement dit, je n’en ai rien à faire de ce qui arrivera, une fois que je serai mort.

« Chi ven dietro serri l’uscio. » (Talianu)

«  Morto io, accidenti a chi resta.” (Talianu)

«  Morto io, morti tutti. » (Talianu)

«  Muera Marta y muera harra. » (Spagnolu)

«  Après nous, le déluge ! » (La Marquise de Pompadour)

«  Profitons des plaisirs, au diable les conséquences. » (Espagnol)

« Après, champ ou montagne, qu’importe ! » (Japonais)

« Prima à i toi è dopu à l’altri si tù poi. »

Il est naturel de donner la préférence à ses proches.

«  Más cerca está la camisa de la carne que el jubón. » (Spagnolu)

 «  La chemise est plus proche du corps que le pourpoint. » (Espagnol)

« Ciò chì hè meiu hè meiu. »

Ce qui est à moi, est à moi.

«  Le moi, le moi ardent, aux mains crochues, à la vision étroite, à l’âpre volonté de vaincre ; avec son long cortège de soupçons, de mauvais soupçons, de mauvais désirs, de tromperies, et toutes leurs conséquences qui se développent, voilà la racine de l’arbre immonde. » (Charles Dickens)

«  Le moi est haïssable. » (Pascal)

«  « Le moi est haïssable », dites-vous. Pas le mien. » (André Gide)

«  Le moi n’est pas haïssable : il n’a pas de place entre un nous et un rien. » (Claude Levi-Strauss)

« Le mien est mien, le tien est notre. » (Basque)

« Ugnunu pienghji i soi. » (v. disgrazia, morti)

Chacun pleure ses proches.

«  Ogni cuore ha il suo dolore. » (Talianu)

“ Ognuno i suoi guai.” (Talianu)

 «  Chaque vieille son deuil plaint. » (Français)

«  Tous vont au convoi du mort et chacun pleure son deuil. » (Français, Espagnol)

Inveci a disgrazia di l’altri hè monda menu risintita è spartuta. Sminuisci à spissu sicondu a distanza di l’evenimentu, com’è in i pruverbii chì suvetani :

Par contre le malheur d’autrui est beaucoup moins ressenti et partagé. Il diminue souvent en fonction de l’éloignement de l’évènement, comme dans les proverbes :

«  L’épine dans la chair d’autrui est facile à enlever. » (Rundi, Afrique)

«  Malheur d’autrui n’est que songe. » (Français)

«  Les tragédies des autres sont toujours d’une banalité désespérante. » (O. Wilde)

«  Le malheur d’autrui ne guérit pas une peine. » (Brésilien)

« Sò fatti mei. »

«  C’est mon affaire. » Français)

« Pidassi in manu. »

«  Voler de ses propres ailes. » (Français)

« À chì vole esse sicuru, face da per sè. »

Qui veut être sûr de son fait, le fasse lui-même.

«  On n’est jamais si bien servi que par soi-même. » (Français)

« Ci era quattru scurnachjone. »

«  Il y avait trois pelés et un tondu. » (Français)

« In causa propria nisunu vale. »

Nul ne peut régler tes affaires à ta place.

“Inde u male, ognunu ci stà male, u bè, ognunu u si tene per sè.”  (v. mali)

Du mal, tout le monde en souffre, le bien, chacun le garde pour soi.

«  Les grandes douleurs sont muettes. » (Français)

“Ugnunu sà ciò chì buddi in a so pignatta.”

Chacun sait ce qui bout dans sa marmite.

Ugnunu hè attenti à i so intaressi è hè quiddu chì ni sà u più annant’à i so affari.

Chacun, attentif à ses propres intérêts, est le mieux informé à leur sujet.

«  Si le boeuf ne connaissait pas la largeur de son derrière, il n’avalerait pas le noyau de l’abricot. » (Martinique)

« À chì loda a pignula hè u pignulaghju. »

Chacun vante sa marchandise.

« In causa propria, ognunu hè gattivu ghjudice. »

Dans ses propres affaires on est mauvais juge.

« In le cose serie, l’omu ùn deve troppu fidassi à se stessu. »

Dans les affaires importantes, il ne faut pas trop se fier seulement à soi.

« Nemo judex in causa sua. » (Latin)  (Nul ne peut être juge et partie)

« Nimu si mina calci. »

Chacun prend soin de sa personne.