Morti, dolu, scusi, lascita :

Mort, deuil, condoléances, héritage :

 

« Falcina. Pidanella, Pedanella, Pediniella. A latra Pidanella (Pediniella). Pilicana. A Morte Secca. »

Faucille, Pied noir, voleuse au pied noir, squelette représentant la mort : noms donnés à la mort. Appelée ainsi car elle arrive à l’improviste, sans faire de bruit.

« A morte hè un ladru di notte. »  (v. arubbera)

La mort est comme un voleur qui opère en pleine nuit.

A morti hè apparagunata à una latra di vita. Pidda senza dumandà nudda, senza privena, com’è un latru. Sorti di notti, travadda in suttu com’è u latru. 

La mort est ainsi comparée à une voleuse de vie. Elle prend sans rien demander, sans même prévenir, comme un voleur. Comme le voleur qui agit la nuit, elle opère en cachette.

« Oghji ti attondu, dumani ti piddaraghju, dici a morti. »

La mort s’installe autour de toi et te prend lorsqu’elle le décide.

„Ogni natu hà da murì, è ogni fratellu hà da spartì.“

„À chì hè natu deve more, à chì hè accumpagnatu deve sparte. »  (v. sulidarità)

Chacun doit mourir et chaque frère doit partager.

A prima parti di stu pruverbiu pò avvicinassi da i pruverbii chì suvetani :

La première partie du proverbe peut se rapprocher des proverbes suivants :

«  Chi nasce more. » (Campania)

«  Tutti siam nati per morire. » (Talianu)

«  Tutti torniamo alla gran madre antica.” (Toscana)

«  Dalle fasce si comincia a morir quando si nasce. » (Talianu)

 «  Contre la mort point de remède. » (Français)

« Contre la mort il n’y a pas de filtre. » (Russe)

« Point de remède contre la mort, mais la mort, elle-même, est un remède. » (Espagnol)

«  A tout vivant une fin. » (Arabe)

«  La mort est un chameau noir qui s’agenouille devant toutes les portes. » (Turc)

«  La mort ne donne pas de rendez-vous. » (Africain)

«  A peine un homme naît, il commence à mourir. » (Américain)

«  Chaque instant dans la vie est un pas vers la mort. » (Corneille, C. Delavigne)

«  L’instant où nous naissons est un pas vers la mort. » (Voltaire)

« La mort est un examen où tout le monde est candidat et est admis un jour. » (Africain)

Di a rilazioni tra a vita è a morti :

De la relation entre la vie et la mort :

«  La vie est un oignon : on pleure en le pelant. » (Américain)

« L’acqua finisce perd à a morte. »

L’eau (de vie) finit par tuer. Surtout quand on fait des abus.

« Nè acqua , nè morti, ùn bramà à i to porti. »

Ne souhaite jamais l’eau ou la mort chez toi.

« Sunnià a morti allonga a vita. »

Rêver la mort allonge la vie.

«  Morte bramada,  vita durada. » (Istria, pruverbiu chì allonga a vita)

 « Ugnunu pienghji i soi. » (v. individualisimu, disgrazia)

Chacun pleure ses proches.

«  Ogni cuore ha il suo dolore. » (Talianu)

“ Ognuno i suoi guai.” (Talianu)

 «  Chaque vieille son deuil plaint. » (Français)

«  Tous vont au convoi du mort et chacun pleure son deuil. » (Français, Espagnol)

Inveci a disgrazia di l’altri hè monda menu risintita è spartuta. Sminuisci à spissu sicondu a distanza di l’evenimentu, com’è in i pruverbii chì suvetani :

Par contre le malheur d’autrui est beaucoup moins ressenti et partagé. Il diminue souvent en fonction de l’éloignement de l’évènement,  comme dans les proverbes :

«  Malheur d’autrui n’est que songe. » (Français)

«  Les tragédies des autres sont toujours d’une banalité désespérante. » (O. Wilde)

«  Le malheur d’autrui ne guérit pas une peine. » (Brésilien)

« U sonnu hè cumpagnu di a morti. »

Le sommeil est le compagnon de la mort.

«  Il sonno è parente della morte. » (Talianu).

«  Er sonno è er compagno de la morte. » (Lazio).

 «  Le sommeil est le frère de la mort. » (Persan)

«  La mémoire et l’habitude sont les fourriers de la mort. » (Charles Péguy)

« Vechju chì dorme è zitellu chì veghja preparanu a teghja. »  (v.vichjara)

Les vieux qui dorment et les enfants qui veillent sont des mauvais signes (présages de la mort).

«  Er sonno è er compagno de la morte. » (Lazio).

«  Tri C su’ li nimici de li vecchi : catarru, caduta e cacareddha. » (Calabria)

« Jeune qui veille et vieux qui dort, signe de mort. » (Catalan)

 « Grandi sò l’ochji di u babbu mortu. »

Grands sont les yeux d’un père mort.

« À cent’anni ch’idda sia, ma a to morti ch’eiu ci sia. »

Puisses-tu vivre cent ans, pourvu que je sois présent ce jour-là.

« Sin’à chì ùn hè ora, nè si nasci nè si mori. »

Avant l’heure ce n’est pas l’heure (de mourir).

«  Quandu vena l’ura, né medicu né ventura. » (Calabria).

«  Fino alla morte, non si sa la sorte. » (Talianu)

 «  Pour payer et mourir, on a toujours le temps. » (Catalan)

«  Attends la mort pour louer la vie, et le soir pour louer le beau jour. » (Espagnol)

« Sinu à a morti camparemu. »

Nous vivrons jusqu’à la mort.

« À mora ci hè sempri tempu. »

On a toujours le temps de mourir.

« Faut jamais courir pour aller à la morgue. » (Africain)

« Sai induva tù nasci, ma micca induva tù hai da mora. »  (v. nascita, incertezza)

Tu sais où tu es né, mais tu ignores où tu vas mourir.

«  Si sapa duva si nescia, non si sapa duva si mora. » (Calabria)

 «  On sait bien quand on part, mais jamais quand on revient. » (Français)

« Viva chì vince è chì hè  perdente more. »  (v. vita)

Le gagnant vit, le perdant meurt.

“Morte baronu, resta baruncellu.”

Le baron est mort, il reste le petit baron.

 “ A rey muerto, rey puesto.” (Spagnolu)

«  Le roi est mort, vive le roi. »(Français)

« Hè à candelu in pettu. »

Il a la chandelle sur la poitrine. (se dit de qqn. qui est en train de mourir)

«  Estar con el alma en la bocca. » (Spagnolu)

«  En el filo de la muerte. » (Spagnolu)

«  Etre à deux doigts de la mort. » (Français)

«  Il est à l’article de la mort. » (Français)

« Lascià à calchissia pà carri fatta. »

«  Laisser quelqu’un pour mort. » (Français)

« Ni mori più grassi chè passi. »

Il meurt plus de personnes bien portantes que de maigres.

« Mori più agneddi chè muntoni. » (v. pecura)

Il meurt plus d’agneaux que de moutons.

« Mori più capretti chè becchi. » (v. capra)

Il meurt plus de cabris que de boucs.

U caprettu hè u rispastu tradiziunali di Natali. I capraghji facini di manera chì i so capri fiddessani in principiu di u mesi di nuvembri pur d’avè beddi è numarosi capretti par stu ghjornu di festa. A maior’ parti di i capretti hè tumba à stu mumentu.

Le cabri est le plat traditionnel de la Noël. Les bergers font en sorte que les chèvres mettent bas au début du mois de novembre pour avoir de beaux et nombreux cabris pour ce jour de fête. La grande majorité des cabris est tuée à cette époque là.

« Chì và pianu và sanu, chì và forti và a morti. » (v. saluta, prudenza)

Celui qui va vite court à la mort, celui qui va lentement restera en bonne santé.

«  Chi va in fretta, ha disdetta. » (Talianu)

«  Chi va forte, va alla morte. » (Talianu)

«  Chi va piano va sano e va lontano ; chi va forte va alla morte. » (Talianu)

«  Chi va cian, cammin-a san. » (Liguria)

«  Qui andat a pianu andat a sanu. » (Sardegna)

«  Pian pian se va lontan. » (Venezia Giulia)

«  Chi va pian i va san e lontan, chi va forte, i va a morte. » (Veneto)

“ No por mucho madrugar amanece más aina.” (Spagnolu)

 «  Qui se presse trop trébuche à la fin. » (Grec)

«  Il vaut mieux arriver en retard qu’arriver en corbillard. » (Québec)

«  Qui se presse trop trébuche à la fin. » (Grec)

«  Celui qui vit au galop s’en va au trot en enfer. » (Allemand)

«  Va lentement, tu iras loin. » (Magyar)

«  Si tu marches doucement, la terre te  portera. » (Indien)

«  Qui trop se hâte reste en chemin. » (Français)

«  Il ne faut pas vouloir aller plus vite que les violons. » (Français)

« U mortu allarga u vivu. »

Le mort donne de l’aisance au vivant.

«  Morte tua, vita mia. » (Talianu).

«  Morte ‘e lupo, salute ‘e pecura. » (Campania).

«  Les morts ouvrent les yeux des vivants. » (Espagnol)

«  La mort de l’un est le pain de l’autre. » (Islandais)

«  Le mort est le guide du vivant. » (Indien)

«  Les morts gouvernent les vivants. » (A. Comte)

«  Les morts continuent à vieillir avec nous. » (Picasso)

« A chì more, interra. »

Celui qui meurt, enterre.

« Primu strumentu, ultimu testamentu. »

Premier instrument, dernier testament.

« Ora vivu, ora mortu. »

On peut mourir à tout moment.

« Chì ùn siconda mori. »

Qui ne rejette pas le placenta meurt.

« Morta a moglia, si porta a so famidda appressu. »  (v. famidda)

La défunte femme emmène toute sa famille avec elle.

A famidda « appiccicaticcia », vol’dì quidda u ghjennaru o di a ghjennara, hè liata tantu chè u coppiu hè unitu. Quandu si spiccani hà tindenza à perda u statutu di « parintia ». Ancu a morti pò essa quidda chì spicca i famiddi. Sighi di u cantu affittivu com’è quiddu di u patrimoniu ugnunu ripidda a so strada è u so « clan » di famidda.

La famille « par alliance », c'est-à-dire celle de la bru ou du gendre, a des liens tant que le couple est uni. En cas de séparation elle a plutôt tendance à perdre le statut de « parenté ». La mort aussi peut être un facteur déclenchant cet éloignement. Aussi bien sur le plan affectif que patrimonial chacun reprend sa route et son « clan » familial.

«  Morte la fille, mort le gendre. » (Français)

« Mortu babbu, patronu io. »

Une fois mon père décédé, le patron c’est moi.

« Abbia paura di i vivi chì i morti ùn tornanu più. »  (v. paura)

Redoute les vivants car les morts ne reviennent plus.

 «  I morti non tornano. » (Talianu)

 «  Les morts ne mordent plus. » (Français)

«  Les morts ne nuisent pas. » (Russe)

«  Morte la bête, mort le venin. » (Français)

«  Il n’y a que les morts qui ne reviennent pas. » (Barere de Vieuzac)

«  Le soleil des vivants n’échauffe plus les morts. » (Lamartine)

“I morti incù i morti, i vivi incù i vivi.” (v.vita)

Les morts avec les morts, les vivants avec les vivants.

“I morti incù i morti è i vivi incù e fritelle.” (v.vita)

Les morts avec les morts et les vivants avec les beignets (la fête).

«  I morti alla terra, e i vivi alla scodella. » (Talianu)

Si sà l’impurtanza di a morti è di u cultu di i morti in i civilisazioni di u mediterraniu è particularmenti in Corsica. Ùn ci hè chè da veda l’impurtanza è a qualità di i campusanti è diversi tombi è cappeddi fatti pà i morti. Eppuri ci hè una bedda distinzioni in sti pruverbii tra  i vivi è i morti. Rispittendusi unu cù l’altru, ugnunu devi tena a so piazza. A vita devi campà à cantu à a morti incù tutti i so dritti, è ancu quiddu di fistighjà incù l’altri spartindu a gioia grazia à i raprisintanti di a festa : i friteddi.

On connaît l’importance de la mort et du culte des morts dans les civilisations méditerranéennes et plus particulièrement en Corse. Il n’est que de constater l’importance et la qualité des cimetières et divers tombeaux et  chapelles destinés aux morts. Cependant il est à noter dans ces proverbes la distinction faite entre les vivants et les morts. Dans un profond respect, chacun doit rester à sa place. La vie doit exister à côté de la mort avec tous ses droits dont celui de faire la fête avec les autres en communiant grâce l’élément symbolisant  les festivités, les beignets.

“Veni  cù mè è lascia i morti interrà i morti.” (Ghjesù rispondi à quelli chì u vulianu seguità; U Vangelu)

Vient avec moi et laisse enterrer les morts.

«  Chi piange il morto indarno si affatica. » (Talianu)

«  El muerto, al hoyo, y el vivo, al ballo.” (Spagnolu)

 «  Les morts avec les morts, les vivants avec les vivants. » (Les mors as mors, les vis as vis) (Chrétien de Troyes)

«  Les morts avec les morts, les vifs à la toustée. » (Français)

«  Il faut laisser les morts ensevelir les morts. » (Français)

«  On doit des égards aux vivants : on ne doit aux morts que la vérité. » (Voltaire)

«  On ne vit pas avec les morts. » (Néerlandais)

« Les morts au cimetière, les vivants à table. » (Basque)

« Pecura nera, pecura bianca,  à chì mori mori, à chì campa campa. »  (v. indidualisimu, pecura, incertezza)

Peu importe qui meurt ou qui vit. (Egoïsme, individualisme) Les vivants vivent, les morts sont morts.

«  A muertas y a idos, no hay amigos.” (Spagnolu)

«  Chi muore giace, chi vive si dà pace. » (Talianu)

“ I murt in tèra, i viv a la scudèla.” (Emilia)

«  Solo chi è morto, chi è vivo si dà conforto. » (Toscana)

«  Tan presto se va el cordero como el carnero. » (Spagnolu)

 «  On ne sait ni qui meurt ni qui vit. » (Français) 

«  Le mort n’a pas d’amis. » (Français)

«  Autant meurt veau que vache. » (Français)

« Ùn vali à pena à sturzulà, ci voli à passacci  (à falacci). »

« Ùn vali d’azzuppà tantu i pedi, ci voli à falacci. »

Pas la peine de résister, d’appuyer les pieds il faut y passer (ou descendre dans la tombe).

«  A tutto c’è rimedio fuorché alla morte. » (Talianu)

«  A tutt se ghe remedia, foeura de l’oss del coll. » (Lombardia)

“ Ad ogne mmale nc’è remedio, sul’a morte no. » (Campania)

«  A tutte stà remediâ, fore c’a la morte. » (Puglia)

“ A tutt gh’è rimedi for che al gropp del coll.”( Trentino)

«  Tuto se giusta, fora che l’osso de colo. » (Venezia Giulia)

«  Contra la morti nun vali armatura. » (Sicilia)

«  Contro la morte erba non cresce. » (Talianu)

«  L’eccelse ed umil porte, batte ugualmente morte. » (Talianu)

«  La muart no puarte rispiet a di nissun. » (Friuli)

«  Solo alla morte non c’è riparo. » (Talianu)

«  Quannu la morti è vicina, nun vali nè medicu nè midicina. » (Sicilia)

«  Contre la mort il n’y a pas de forteresse. » (Espagnol)

« Tsar et peuple, tout ira dans la terre. » (Russe)

«  Contre la mort il n’y a pas de philtre. » (Russe)

«  Il y a une herbe contre la maladie, il n’y a pas d’herbe contre la mort. » (Lituanien)

«  Contre la goutte d’eau qui passe à travers le toit et la mort qui passe à travers la porte, il n’est pas de refuge. » (Albanais)

«  Pas de remède contre la mort ; mais la mort, elle-même, est un remède. » (Espagnol)

«  La mort est un moissonneur qui ne fait pas de sieste. » (Espagnol)

«  Il ne croît pas d’herbe contre la puissance de la mort. » (Islandais)

«  La mort est un gué que tout le monde emprunte. » (Baoulé, Afrique)

«  La mort est le chemin de tout le monde. » (Mbédé, Afrique)

«  La mort ne respecte aucun chef. » (Kongo, Afrique)

«  La mort ne consulte pas de calendrier. » (Anglais)

«  L’homme ne refuse pas son soupir à la mort qui arrive. » (Elle est inévitable) (Rundi ; Afrique)

« Tantu hè more à bughju chè more à l’alba. »

Mourir dans le noir ou à l’aube, c’est pareil.

« À chì campa spirendu, mori cachendu. »

Qui vit uniquement sur l’espoir, meurt en chiant.

« Chì campa spirendu, more disperatu. » (v. niscintria, inutilità, spiranza)

Qui vit d’espoir, meurt désespéré.

«  Chi vive sperando, muore cantando. » (Talianu)

« Chi vive nella speranza muore a stento. » (Talianu)

«  Qui vivit isperende, morit cantende. » (Sardegna)

«  Chi c’ viv speranda, meur caganda. » (Piemonte)

«  Chi vive sprando mòre caando. » (Toscana)

“ Chi campa di speranza, disperato muore.” (Talianu)

«  Chi si pasce di speranza, muore di fame. » (Talianu)

«  Chi vive a speranza, fa la fresca danza. » (Toscana)

«  La pazienza l’è la minestra dei bechi e la speranza l’è l’altar dei coioni. » (Veneto)

 «  Qui vit d’espoir meurt de désir. » (Italien)

«  Qui ne vit que d’espoir crève. » (Juif)

«  Celui qui vit d’espoir a un mauvais régime. » (Anglais)

«  Celui qui vit d’espoir meurt avec le vent. » (Grec)

«  Celui qui se nourrit de rêves, le vent l’emporte. » (Kurde)

«  Qui se contente d’espérance meurt de faim. » (Turc)

«  C’est dormir toute sa vie que de croire à ses rêves. » (Chinois)

«  Qui espère désespère. » (Amérique latine hispanophone)

«  Qui vit d’illusions meurt de désillusion. » (Amérique latine hispanophone)

«  Crains, malheureux, et défie-toi de ton espérance même. » (Bourdaloue)

« Meddu morti chè storti. » (v. onori)

On préfère être morts que tordus.

«  È meglio il danno che cattivo guadagno. » (Talianu)

«  Antes morir que retroceder. » (Spagnolu)

«  Comer arena antes que hacer vileza. » (Spagnolu)

«  Hidalgo honrado antes roto que remendado. »(Spagnolu)

«  Más vale buena fama que cama dorada. » (Spagnolu)

 «  L’honnête homme aime mieux rester pauvre que de s’enrichir par des moyens indignes. » (Espagnol)

«  Mieux vaut mourir que vivre souillé. » (Vietnamien)

«  Plutôt mourir que de reculer. » (Espagnol)

«  Tout plutôt que de commettre une bassesse. » (Espagnol)

«  Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée. » (Français)

« Hè megliu à vede i gendarmi chè u prete. »  (v. preti)

Il vaut mieux voir le gendarme (un méfait) que le curé (la mort).

Avè à scumbatta incù i giandarmi ùn era tantu un beddu affari pà a parsona o pà a famidda. L’opinioni avvicinava faciulmenti a visita di u giandarmu incù un malfattu. A visita di u preti era cumpagna di a morti. I giandarmi ùn aviani tantu bedda numata nè cunsiderazioni in Corsica. Malgradu quissa era meddu à sentali pichjà à a porta par un malfattu, chè di veda u preti avvicinassi par un tristu è difinitivu viaghju, quiddu d’accumpagnà un mortu.

Avoir affaire aux gendarmes n’était pas très flatteur pour la personne et pour la famille. L’opinion associait facilement l’action du gendarme à un méfait. Le curé était synonyme de mort annoncée. Les gendarmes n’avaient pas une grande considération en Corse. Malgré cela il était préférable de les entendre taper à la porte pour un délit, que de voir le curé s’approcher pour une triste et définitive besogne, celle d’accompagner un mort.

 «  La plus mauvaise vie est préférable à la meilleure mort. » (Juif)

Da ritena a cuntradizioni incù u pruverbiu : « Meddu morti chè storti » chì prifirisci a morti à u disonori.

A noter la contradiction avec le proverbe « Meddu morti chè storti »  qui préfère la mort au déshonneur.

« Chì fischia di notte , alletta a morte. »

Siffler la nuit, c’est appeler la mort.

« Si senti parta u fiatu. »

Il sent son souffle (de vie) partir.

«  Rendre le dernier soupir. » (Français)

«  Il est à l’article de la mort. » (Français)

« Sentasi a morti addossu. »

« Avoir la mort dans l’âme. » (Français)

« Vedasi a morti à l’ochji. »

Voir la mort de près.

« Un sumere vivu vale più chè un duttore mortu. »   ( v. asinu)

Un âne vivant vaut plus qu’un docteur mort.

« Un sumere vivu vale più cà un vescu mortu. »

Un âne vivant vaut plus qu’un évèque mort.

«  È meglio un asino vivo che un dottore morto. » (Talianu) 

«  Más vale burro vivo que sabio muerto. » (Spagnolu)

«  Más vale perro vivo que leòn muerto. » (Spagnolu)

«  Mieux vaut un âne vivant qu’un docteur mort. » (Occitan)

«  Goujat debout vaut mieux qu’empereur enterré. » (Français)

«  Un chien vivant vaut mieux qu’un lion mort. » (Espagnol)

«  Un chiot vivant est plus utile qu’un ministre mort. » (Coréen)

« S’idd’ùn hè ghjuntu l’ottu (aprili), hè malatu o hè mortu (u cuccu). »  (v. cuccu)

S’il n’est pas là le huit (avril), il est malade ou il est mort (le coucou).

S’hè avvizzi à senta cantà u cuccu à partasi da l’ottu d’aprili.

On a l’habitude d’entendre chanter le coucou à partir du huit avril.

«  Ai cinque d’april il cuccù deve venire : se non viene ai sette o agli otto, o ch’è perso o ch’è morto ; se non viene ai dieci, gli è perso per le sepii ; se non viene ai venti, egli è perso fra i frumenti ; se non viene ai trenta, il pastor l’hà mangiato con la polenta. » (Talianu)

 « Ad arburi cadutu, acetta, acetta. » (v. dibulezza, campagna)

A l’arbre abattu, pas de pitié.

« Oh ! Che tagliata si fa quando è rovinata la quercia. »  (Talianu)

«  Ad albero che cade, accetta accetta. » (Talianu)

«  Sopra l’albro caduto ognuno corre à far legna. » (Talianu)

«  Ad arburu chi ‘un frutta ‘ccetta e fuocu. » (Calabria)

“ Ad arvolo caruto, accetta accetta. » (Campania)

“ Quando l’albero è in terra, ognuno corre a farvi legna.” (Talianu)

«  Quanno la quercia sta per terra tutti ce facciu la legna. » (Umbria)

«  Ad àrvulu cadutu ognunu curri e fa ligna. » (Sicilia)

“ Del árbol caido todos hacen leña.” (Spagnolu)

 «  Quand l’arbre est tombé, tout le monde court aux branches. » (Français)

«  Quand l’arbre est déraciné, chacun vient à la ramée. » (Allemand)

«  Quand le bœuf tombe, les couteaux se rapprochent. » (Juif et Berbère)

«  Lorsque le taureau est à bout, les couteaux pleuvent sur lui. » (Arabe)

«  Quand le grand baobab est tombé, les cabris montent sur son tronc et gambadent. » (Africain) 

«  Lorsque l’arbre est tombé, les fourmis le prennent d’assaut. » (Géorgien)

«  Quand le loup est pris, tous les chiens lui lardent les fesses. » (Oudin, 1 640)

«  Une fois le lion mort, il ne manque pas de braves pour lui arracher la crinière. » (Turc)

« Quandu l’omu adopra a mula, s’appronta à parta in pula. » (v.omu)

Quand l’homme se sert de la mule, il s’apprête à mourir.

« Hè dighjà à i setti cappelli. »

Il est déjà arrivé aux sept chapelles.

Sprissioni aiaccina chì dici chì calchissia hè vicinu da a morti (vicinu da u campusantu). Quandu Nabulionu hà impostu i campusanti publichi, una parti di a pupulazioni, ùn tininduni micca contu, hà custruitu i setti cappeddi chì sò nanzi à u campusantu.

Expression ajaccienne indiquant que qqn. est proche de la mort (proche du cimetière). Lorsque Napoléon a imposé les cimetières publics, une partie de la population, rejetant cette décision, a construit les sept chapelles qui précèdent le cimetière.

 « Ad ugni morti di vescu. »  (v. scarsità, preti)

A chaque mort d’évèque. (Fait très rare)

« L’hani stirpati com’è i ghjuvannali. »

« Li n’hanu fattu quant’à i ghjuvannali. »

Ils les ont exterminés comme les ghjuvannali (confraternité du milieu du XIV° siècle).

Sicondu a tradizioni urali, i Ghjuvannali sariani stati sfatti annant’à i fucari di Ghisoni. Da quissa i dui punti, u Kirie Eleison è u Criste Eleison, avariani presu stu nomu in mimoria di u cantu di i martiri. (A settimana santa, D. Verdoni)

Selon la tradition orale, les « ghjuvannali » auraient été exterminés sur les bûchers de Ghisoni dont les deux pics montagneux, Kirie Eleison et Criste Eleison, auraient été ainsi nommés en mémoire du chant des martyrs. (A settimana santa, D. Verdoni)

«  Epouser la veuve (être éxécuté). » (Français)

« Teni l’anima cù i denti. »

Il est près à rendre l’âme.

«  Avoir un pied dans la bière (la fosse). » (Français)

« Opere in vita, in morte fama. 

Œuvrer pendant la vie vaut une bonne renommée après la mort.

« Tempu passa è morte vene, beatu à chì hà fattu bene. »  (v. stima)

Le temps passe et la mort arrive, bienheureux celui qui a fait du bien.

«  Chi semina virtù, fama raccoglie. » (Talianu)

«  Acquista buona fama e mettiti a dormire. » (Talianu)

«  Un bel morir toda la vida honra. » (Spagnolu)

«  Cobra buena fama y échate a dormir. » (Spagnolu)

«  Más vale buena fama que cama dorada. » (Spagnolu)

«  Acquiers bonne renommée et dors la grasse matinée. » (Français)

«  Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée. » (Français)

«  Celui qui laisse derrière lui une bonne réputation ne meurt pas pauvre. » (Norvégien)

«  Notre vie vaut ce qu’elle nous a coûté d’efforts. » (Fr. Mauriac)

«  La gloire est le soleil des morts. » (Honoré de Balzac)

«  Qui crée dans sa vie meurt en souriant. » (Polonais)

«  Nos œuvres sont nos compagnons de route. » (Puschtû)

«  Le buffle laisse sa peau en mourant, l’homme mort laisse sa réputation. » (Vietnamien)

« Essa à l’orlu. »

« Hè à l’oliu santu. »

 «  Être à l’extrême-onction. » (Français)

« Esse à l’ultima. »

« Essa à l’ultimi  strepiti. »

« Tirà l’ultimi zirpittati. »

Être aux derniers moments, aux dernières ruades.

« Ùn hà più par tantu. »

Il n’en a plus pour longtemps.

« Essa in puntu di morti. »

Ê tre sur le point de mourir.

« Avè più poca terra da corre. »

Ne plus avoir d’espace à parcourir.

« Essa di peda in a fossa. »

Avoir les pieds dans la fosse.

« Tirà u calzittonu. »

Il est mourant.

«  Estar en las últimas. » (Spagnolu)

 «  Avoir un pied dans la tombe (la fosse). » (Français)

« Beatu u corpu chì in vendari hè mortu, è in sabbatu hè sepoltu. »

Bienheureux le corps qui est décédé le vendredi et inhumé le samedi. (Allusion faite à la mort du Christ)

« Mortu eiu, mortu un cane. » (v. ghjacaru)

Ma mort est comme celle d’un chien.

A morti ùn hà più bisognu di cunsiderazioni. Si lascia a piazza à l’altri.

La mort n’a plus besoin de considération. On laisse la place aux autres.

 « Mortu eiu, cripatura ! »  

Après ma mort tout le monde peut crever.

« Morga Sansone cù tutti i filisteri ! »

Puisse mourir Sanson avec tous les philistins.

« Chì appressu vinarà, i catari chjudarà. »  (v. individualisimu, ingratitudina)

Celui qui viendra après moi, fermera les barrières.

Vol’dì, ùn aghju nudda à futta di ciò chì accaddarà, quandu ghjè ùn ci saraghju più.

 Autrement dit, je n’en ai rien à faire de ce qui arrivera, une fois que je serai mort.

« Chi ven dietro serri l’uscio. » (Talianu)

«  Morto io, accidenti a chi resta.” (Talianu).

«  Morto io, morti tutti.” (Talianu)

«  Muera Marta y muera harra. » (Spagnolu)

«  Après nous, le déluge ! » (La Marquise de Pompadour)

«  Profitons des plaisirs, au diable les conséquences. » (Espagnol)

« Hè com’è zià Maria d’Alata, dopu morta hè risuscitata. » (v. paesi)

C’est comme pour tante Marie d’Alata, après sa mort elle est ressuscitée.

« Ugni morti voli a so scusa. »

Chaque mort a une cause, une raison, une justification.

A morti hè naturali. Ghjunghji qualsiasi a raghjoni o a scusa. Pò essa dinò avvicinata da a sprissioni « prinsità o fà i so scusi » chì voli dì, fà a so visita pà un mortu.

 La mort est naturelle. Elle arrive quelquesoit la raison. Cela peut aussi être rapproché de l’expression  « prisintà o fà  i so scusi » qui signifie « présenter ses condoléances ».

«  La mort est une part d’impôt. » (Malgache)

« U cuntrariu :

«  La morte non riceve scusa. » (Talianu)

« Sò scusi dopu pranzu. »

Ce sont des prétextes qui n’en sont pas.

« Si porta rispettu à i so morti. »

On doit respecter ses morts.

« De mortuis nihil nisi bene. » (Latin)  (Des morts, on ne doit parler qu’en bien)

 « Ùn ti rida di u me dolu, quandu u meiu hè vechju, u toiu hè novu. »

Ne te moque pas de mon deuil, quand le mien est vieux, le tien est neuf.

«  All’assente e al morto non si deve far torto. » (Talianu)

«  Chi ride del male altrui, ha il suo dietro l’uscio. » (Talianu)

«  Ride bene chi ride per ultimo. » (Talianu)

 «  Que celui qui n’a pas encore traversé ne se moque pas de celui qui s’est noyé. » (Africain)

«  La bûche qui est dans le parc rit de la bûche qui est déjà dans le feu. » (Africain)

«  Rira bien qui rira le dernier. » (Français).

«  Tel en pleurera qui maintenant en rit. » (Français)

«  Ne ris pas quand l’étuve de ton voisin brûle. » (Lituanien)

« Celui qui n’a pas traversé ne doit pas se moquer de celui qui se noie. » (Africain)

« Hè à gode pè u sempre. »

Il est mort. Il a rejoint le règne de la jouissance.

«  Chi muore esce d’affanni. » (Talianu)

«  Co si mûr al è finît dut. » (Friuli)

«  Hace mucho tiempo que no le duele nada. » (Spagnolu)

«  Estar comiendo tierra. » (Spagnolu)

 «  Il n’a plus mal aux dents. » (Français)

«  Il a avalé sa gaffe. » (Français)

«  Il a avalé son acte de naissance. » (Français)

«  Y laisser ses chausses. » (Français)

«  Il a passé l’arme à gauche. » (Français) 

«  Passer de vie à trépas. » (Français)

 « Esse à fà e conche. »

«  Manger les pissenlits par la racine. » (Français)

« Ciò ch’iddu s’hà di natura, si porta in sipultura. »

Ce qu’on a de naissance, on l’emporte dans la mort.

«  Quel che dà natura, fino alla fossa dura. » (Talianu)

« La morte è lo specchio della vita. » (Talianu)

«  Viziu e natura fin’a morta dura. » (Calabria)

«  Genio y figura hasta la sepultura. » (Spagnolu)

 «  Mort fait à chacun sa droiture. » (Hélinand de Froidmont)

«  Dans sa peau mourra le loup. » (Français)

«  Tel dans le berceau, tel dans le tombeau. » (Russe)

 « Hè meddu à mora chè à campà tra spiranza è timori. »

Mieux vaut mourir que vivre entre l’espoir et la crainte.

« Pari nant’à u scruchjittà. »

«  A las puertas de la muerte. » (Spagnolu)

« Être aux derniers abois. » (Français)

« Être sur le bord de sa fosse. » (Français)

«  Il est aux portes du tombeau. » (Espagnol)

« Pare a morte in prucessione ! »

On dirait la mort en procession.

« On dirait un cadavre ambulant. » (Français)

« Pari a morti in permissioni. »

On dirait la mort en permission.

Si dici di calchissia in pocu saluta o magracciu.

Se dit de qqn. qui est en mauvaise santé ou de qqn. de maigre.

 « Pare a morte in permissione. »

On dirait la mort en permission.

« Pare a morte in flacchina. »

On dirait la mort en jaquette.

« À chì hà sissanta carnavali appronti i so stifali. »   (v.vichjara)

Passée la soixantaine on peut se préparer à la mort.

«  El juven puede morir y el viejo no puede vivir.” (Spagnolu)

 «  La mort arrive à la porte des vieux, guette les jeunes. » (Espagnol)

«  Quand la neige est sur le mont, on ne peut attendre que le froid aux vallées. » (Français)

« Par mora ci voli à nascia. » (v. nascita)

Il faut d’abord naitre avant de mourir.

Tema di l’evidenza. Di una manera più larga, ugni causa, ugni evenimentu pruduci una cunsiquenza, un risultatu.

Thème de l’évidence. Plus généralement, chaque cause, chaque évènement induit une conséquence, un résultat.

 « Nanzi l’ora, nè si nasci nè si mori. »

Avant l’heure ce n’est pas l’heure.

«  Fino alla morte ogni minchione ci arriva. » (Talianu)

 «  Ne mourez pas avant que la mort ne vienne. » (Indien)

«  Tous les jours vont à la mort, le dernier y arrive. » (Montaigne)

« Prima di more, bisogna à nasce. »  (v. nascita)

Avant de mourir, il faut naître.

« Ci hè più morti chè vivi. »

Il y a plus de morts que de vivants.

«  Les morts sont plus nombreux que les vivants. » (Tagalog, parlé dans les Philippines) 

In un rigistru diffarenti u studiu pari intarissanti :

Dans un registre différent l’étude semble intéressante :

«  Il y a plus de menacés que de frappés. » (Basque)

« À cavallu mortu ùn vale erba tagliata. »

« À cavallu mortu (vechju), ùn vale vena nè orzu. »

Le cheval mort n’a pas besoin d’herbe coupée.

« À cavallu mortu ùn ci vale pruvenda. »  (v. cavaddu, vichjara)

Le cheval mort n’a pas besoin d’avoine ni d’orge. Inutile de donner à manger à un cheval mort.

«  A burro muerto, la cebada al rabo. » (Spagnolu)

 « Ùn si senti un fiatu. »

On n’entend pas un souffle, une âme.

«  Il y a un silence de mort. » (Français) 

« Dulori di moglia morta finisci à l’usciu di a porta. »

« U dulore di a moglia morta, in fin ch’ella stà à piglià a porta, è quellu di u maritu, in fin ch’ellu stà à esse suppelitu. » 

Le chagrin de la défunte femme dure jusqu’à la sortie de la porte, et celui du défunt mari jusqu’à son enterrement.

« A perdita di un maritu hè quant’un’impettata di goitu. »  (v. matrimoniu)

La mort du mari est pareille à un coup sur le coude.

«  Doglio di moglie morta, dura fino alla porta. » (Talianu)

«  Dolor de mujer muerta dura la puerta. » (Spagnolu)

Allarghera di u sminticu di quiddu chì mori in u pruverbiu chì suveta :

Extension de l’oubli de celui qui meurt dans le proverbe :

«  Si tu veux savoir combien de gens te regretteront, plante ton doigt dans la mare, retire-le et regarde le trou. » (Américain)

« U pientu ùn rinvivisci (ùn risuscita) i morti. »

Les pleurs ne ressuscitent pas les morts.

“ Non servere piangere sul latte versato.” (Talianu)

“ A chiagnere ‘nu muorto so’ lacreme perze.” (Campania)

 « A morti ùn fighjolu à nimu in faccia. »

La mort ne regarde personne en face.

«  La morte non guarda calendario. » (Talianu)

«  A todo hay maña sino a la muerte. » (Spagnolu)

 «  Il y a remède à tout, sauf à la mort. » (Français)

«  La Faucheuse ne regarde pas les dents ; la mort ne regarde pas le certificat de baptême. » (Lituanien)

«  Six pieds de terre font égaux tous les hommes. » (Anglais)

«  Dieu ne nous a rendu égaux que par la mort. » (Arabe)

«  La tombe est la mère de tous. » (Arabe)

« La mort ne consulte aucun calendrier. » (Anglais)

« Ugni morti si porta i so sicreti. »  (v. sicretu)

Chaque mort emporte avec elle ses secrets. Et aussi tous les savoirs ou savoir-faire qui n’ont pas été divulgués.

« Hè appaghjatu in tola. »

Il est sur son lit de mort.

“Fà a to tomba nantu a to terra è anderai in Paradisu.”

Fais ta tombe sur ta terre et tu iras au Paradis. (Attachement viscéral à la terre natale même après la mort)

« Cripà com’è un ghjacaru. »  (v. ghjacaru)

«  Crever comme un chien. » (Français)

“U puvarettu (u povaru, u tintu, u curciu...) di babbu.”

“U ben’ (u ven’) di babbu. »

Mon pauvre père… Mots introductifs en signe de respect du défunt.

« Bon anima indù iddu hè. »

«  Qu’il repose en paix. » (Français)

« Purtà u dolu. »

«  Porter le deuil. » (Français)

“Prisintà ( fà) i so scusi.”

„Fà e so perti (parti).“

„Fà e so duglianze.“

« Fà u lagnu. »

Présenter ses condoléances.

«  Présenter ses devoirs. » (Français)

« I nostri vechji anu vortulatu a terra perchì i ghjovani vortulessinu i tomi. » (v.vichjara)

C’est le travail des parents qui a permis aux nouvelles générations d’avoir accès à la culture.

« L’hà lacatu patronu è maiò. »

Il lui a tout légué.

« Di leva in pulleva. »

« D’erede in purrede. »

De père en fils ; héréditairement.

« Ùn lascià nisunu à pienghje. »

Ne pas laisser d’héritiers.

 « À nozzi (à matrimonii) è à doli si cunnosci i soi. »     (v. famidda, matrimoniu)

« À e nozze è à a morte si cunnosce chì hè più forte. »

Aux mariages et aux enterrements, on reconnaît les siens ou bien qui a la plus grande parenté.

Ch’iddu sia par i matrimonii o pà i doli, a famidda duvia accoddasi è attistà l’evenimentu par una vera prisenza. A quantità era d’una impurtanza capitali par bè muscià a piazza suciali di a famidda. Sta manifestazioni sirvia dinò à mantena a famidda unita è vicina. In tempu di pocu è micca  cumunicazioni, a famidda in dolu o in festa, riciviva quiddi chì stavani à luntanu. Un ripastu in cumunu accumpagnava stu mumentu (a manghjaria, u cunfortu).

Aussi bien pour les mariages que pour les deuils la famille devait se réunir et marquer l’évènement par une présence effective. Le nombre avait une importance capitale pour situer socialement la famille. Cette manifestation avait aussi pour but de garder la famille rapprochée et unie. Lorsque les communications étaient presque inexistantes, la famille en deuil ou en fête accueillait ceux qui habitaient loin. Un repas en commun accompagnait cet moment (a manghjaria, u cunfortu).

 « Poca cera, poca musica. »

La messe est basse et vite dite.

“À chì muta muca.” 

Qui change de lieu a des problèmes.

“Tanti muti, tanti muchi.”   (v. dulori)

Autant de changements, autant de problèmes.

«  Partire è un pò morire. » (Talianu)

«  Partir c’est mourir un peu. » (Français)

«  Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé. » (Lamartine)

« Mortu pà mortu ! »

«  En désespoir de cause. » (Français)

« Mortu u Cristu, spenti i lumi. »

« Abbughjò nant’à a terra sana, da meziornu sinu à trè ore dopu meziornu. » (A morti di Ghjesù : U vangelu)

Le Christ mort, plus de lumière.

L’ombre s’étendit sur la terre, depuis midi jusqu’à trois heures de l’après midi.

Allusioni fatta à u mumentu di a morti di Ghjesù accumpagnata da u bughjaconu è di u fracassu di tarramotu. Altru sensu : a festa passata, i lampioni si spinghjani.

Allusion faite au moment de la mort du Christ accompagnée de l’abscence de lumière et de grand fracas de tremblement de terre. Sens figuré : la fête passée, les lampions s’éteignent.

« Ci hè ghjuntu u cunfalonu. »

La mort est arrivée.

« Sente u cipressu. »

Sentir le cyprès. (Arbre symbole de la mort)

« Senti u pinu. »

Sentir le pin. (Le cerceuil est souvent en pin)

« Être à l’article de la mort. » (Français)

« S’hè vistu a morti à l’ochja. »

Voir la mort de près.

« Cascani com’è muschi. »  (v. musca)

«  Caer (morir) como chinchos. » (Spagnolu)

«  Tomber (mourir)  comme des mouches. » (Français)

« Ghjucà à carte incù Falcina. »

Jouer aux cartes avec la mort.

« Ancu un pocu è si ni mori. »

Il a failli mourir.

«  Por poco si se muere. » (Spagnolu)

 « À more ci hè sempre tempu. »

Il ne faut pas être pressé de mourir.

«  Para morir y para pagar siempre hay tempo. » (Spagnolu)

 «  La mort veut te tuer, ne va pas au devant d’elle. » (Baoulé, Afrique)

« Il nr faut jamais être pressé d’aller au cimetière. » (Africain)

« L’omu bravu è u vinu bonu sò i primi à parta. »

Le brave homme et le bon vin sont les premiers à partir (mourir).

« À chì ùn hè à u corpu ùn piglia candela. » 

« À chì ùn hà u corpu, ùn hà candele. »

Celui qui n’assiste pas à la levée du corps ne prend pas de cierge (les membres de la confrérie présents en reçoivent un).

“ Gli assenti hanno sempre torto.” (Talianu)

«  Ausente sin culpa, ni presente sin disculpa. » (Spagnolu)

«  Quien no parece, perece. » (Spagnolu)

L’assenza è u ritardu sò cucini ; finisciani di a stessa manera :

L’absence et le retard sont cousins ; ils partagent le même sort:

«  Les absents ont toujours tort. » (Français)

«  Les buffles qui arrivent en retard boivent de l’eau troublée. » (Vietnamien)

« L’absent ne sera pas héritier. » (Latin)

« Cripà in corpu. »

Crever une bête par surmenage ou absence de ménagements.

« Furtunatu quellu chì lascia tutt’i soi in benistà è micca zitelli per pienghjelu. »

Heureux qui laisse tous les siens dans l’aisance et sans jeunes enfants pour le pleurer.

«  Los duelos con pan son menos. » (Spagnolu)

 «  Abondance de pain diminue le chagrin. » (Français)

« Chì erede nun  rede. »  (v. ricchezza)

Celui qui hérite partage mal.

“Sullevate i vivi, i morti ùn manhjanu più.” (v.vita)

Aidez les vivants car les morts n’ont plus besoin de rien.

«  Non ricordare i morti a tavola. » (Talianu)

A tradizioni di i morti ùn si cuntenta micca solu di st’aspettu materialistu. À u cuntrariu una piazza impurtantissima hè data à u cultu di i morti, particularmenti pà u ghjornu di i morti (a notti da u prima à u 2 nuvembri), quandu s’offri à i morti da manghjà, una manera di cumunicà è di sparta incù iddi u pani santu. « A cunfinetta di i morti » si cumponi à spissu di pani biancu, di brocciu passu, di salamu, d’oliu è di vinu.

Listessu affari quandu si zappa u fossu di un mortu, ùn si cuntorra micca i resti di u spuntinu in casa. I resti, chjamati « pani di i corba », sò lasciati supra piazza pà u salvaticu.

La tradition des morts ne semble pas se contenter de cet aspect matérialiste. Au contraire une place importante est réservée au culte des morts, particulièrement pour le jour des morts (dans la nuit du 1 au 2 novembre), où l’on offre aux défunts de quoi se nourrir, une manière de communier et de partager avec eux le pain du seigneur.  « A cuffinetta di i morti » se compose souvent de pain blanc, de brocciu sec, de saucisson, d’huile et de vin.

De même, lorsqu’on creuse la tombe d’un mort, on ne ramène rien à la maison du « spuntinu » que l’on a pu consommer sur place. Les restes, appelés « pane di i corbi », sont laissés au sauvage.

“Sò i parti chì guastanu i pezzi.”

“Sò i spartimenti chì guastanu i casali.”  (v. cumunu)

Ce sont les partages qui détériorent le patrimoine.

Sti dui pruverbii poni essa avvicinati da « A sparta ricchezza, torra puvertà ». Più si sparti è più u patrimoniu perdi u so valori.

Ces deux proverbes peuvent être rapprochés de « À sparta ricchezza, torra puvertà ». A force de morceler il est évident que le patrimoine perd de sa valeur.

È in suprapiù quiddu chì ricevi devi piddà tuttu, i boni è i cattivi lasciti, com’è a dici u pruverbiu chì suveta :

Et en plus l’héritier doit assurer les bons et les mauvais héritages, comme dans le proverbe :

« L’héritier du léopard hérite aussi de ses taches. » (Africain)

« À chì more ghjace è chì vive si dà pace. » (v. paci)

Qui meurt gît en paix et qui vit cherche la paix.

« Chì impara à sallì, impara à murì. »

Qui apprend à monter, apprend aussi à mourir.

« Vulè mora à carri in bucca. »  (v. onori)

« Vendre chèrement sa peau. » (Français)

« Chì più hà più vole : mal cuntentu vive, mal cuntentu more. »

Qui en veut toujours davantage, vit très mal et meurt malheureux.

 « Bona vita, cattivu testamentu. »

Bonne vie, mauvais testament.

“À chì serve signori more in stalla.”

Qui vit avec les riches meurt dans l’étable.

« Passacci com’è un tinenti à cavaddu. » (v. sfurtuna, cavaddu)

Mourir certainement. (D’une chose certaine)

« Être bon comme la romaine. » (Français)

« Ùn vali à pena à sturciulà, ci voli à passacci ! »

Inutile de se défendre il faut y passer (de vie à trépas)

« La mort ne consulte aucun calendrier. » (Anglais)

« Cantà u Subvenite. »

Menacer qqn. de mort.

« Essa in catalettu. »

Être sur la civière.

« Tirà l’anchetta. »

« Appudassi l’anchi. »

Lever le pied.

 S’immobiliser les jambes. (Mourir, dit d’une façon légère et burlesque)

« Esse à l’ultime ! »

Être sur le point de mourir.

«Tirar le ultime. » (Talianu)

 « Estar en la últimas. » (Spagnolu)

 « Essa à l’ultima cureghja. »

En être au dernier pet.

« Tirà l’anchetta ! »

Lever la jambe pour effectuer le dernier pas.

« Essa à l’ultima stinzata. »

En être au dernier raidissement.

« À chì ùn invechja si ni mori. »

Vieillir ou mourir, il n’y a pas d’autre issue.

« À chì ùn invechja hè pena di vita. »

Celui qui ne vieillit pas regrette la vie.

« Hè meddu à invichjà chè à mora. »  (v. vichjara)

Mieux vaut vieillir que mourir.

«  Tant vit le loup qu’il devient vieux. » (Bruscanbille, XII° s.)

«  Si vous voulez vivre longtemps, vivez vieux. » (Erik Satie)

«  La vieillesse est une maladie dont on meurt. » (Allemand)

« S’hà da lacà tuttu anch’iddu. »

Il va tout laisser à sa mort.

« O vinu in botte o uva nantu à u biacu, bisogna à lascià. »

Aussi bien le vin dans le tonneau que le raisin sur le sarment, il faudra tout laisser.

“ In questo mondo bisogna lasciare tutto.” (Talianu)

«  A la mort, les poings sont vides. » (Chinois)

«  L’homme, même s’il a gagné cent mille taëls, à la mort ne peut emporter une demi-sapèque de cuivre. » (Chinois)

«  Les biens de ce monde ne sont que des prêts. » (Arabe)

«  Les biens de cette vie cessent avec elle. » (Arabe)

«  On ne peut emporter ses biens dans la tombe. » (Bulgare)

 « Intarratu com’è un turcu. »

Enterré comme un turc.

« À chì more terra addossu. »

Qui meurt est recouvert de terre.

Si dici di un intarramentu civili senza preti o ancu di un intarramentu senza troppu rigretu.

Se dit d’un enterrement sans office religieux ou d’un enterrement sans trop de regrets.

« Mora à picurinu. » (v. pecura)

Crever comme une brebis.

«  Crever comme un chien. » (Français)

« Quandu a pera hè matura si ne casca. »  (v. agricultura)

Quand la poire est mûre, elle tombe. (Se dit de qqn. qui va mourir)

« A morte hè un ladru di notte. »  (v. morti)

La mort est comme un voleur qui opère en pleine nuit.

A morti hè apparagunata à una latra di vita. Pidda senza dumandà nudda, senza privena, com’è un latru. Sorti di notti, travadda in suttu com’è u latru. 

La mort est ainsi comparée à une voleuse de vie. Elle prend sans rien demander, sans même prévenir, comme un voleur. Comme le voleur qui agit la nuit, elle opère en cachette.

« Per l’anime di i nostri morti. »

Pour les âmes de nos morts.

« Hà più bisognu di candele chè di duttore. »

Il a davantage besoin d’une chandelle que d’un docteur. (Se dit d’un mourant)

« E lingue chì ùn sò imparate sò prestu diminticate. »

Les langues non apprises sont vite oubliées.

« Morta a lingua, mortu u populu. »

Morte la langue, mort le peuple.

« Una lingua si cheta, un populu si more. »

Une langue se tait, un peuple se meurt.

Di l’impurtanza di una lingua par cunfirmà a so identità. Idda hè a raprisintazioni di a cultura in u mentri ch’idda a custruisci è a faci crescia. Hè ancu a raprisintazioni di a cridenza, di u sapè è di u sapè fà di una cumunità o di un populu. Assicurighja a storia è a cuntinuità di a so cultura. Hè u tistimognu è u spechju di a noscia manera di nascia, d’adducà, di campà, di travaddà, d’amparà, di creda, di crià, di mora… U lessicu è i sprissioni nascini da u circondu, da u vissutu, da a lascita di l’anziani. Stazzunighja è nutrisci u nosciu pinsamentu. Intratteni è sparghji i nosci valori umani, suciali, famigliali, spirituali, filosofichi… Offri a pussibilità d’integrazioni par tutti quiddi chì volini stallassi è campà incù noscu. Teni una piazza è una parti fundamintali in a cumunicazioni. Assicurighja a trasmissioni verticali incù a fiddulera, l’educazioni, a lascita in un sensu monda largu di a parola (micca solu di a robba o di u bè). Hè una vera catena induva ugni aneddu porta una funzioni spicifica. Cumbina è lia tutti st’aneddi. Teni una parti suciali impurtanta parmittindu à un populu di cunnosciasi, di buliassi è di lasciassi purtà da una stessa vodda è da u stessu piaceri di cumunicà è di sparta tuttu ciò ch’idda porta incù idda.

De l’importance de la langue pour affirmer une identité. Elle est la représentation de la culture en même temps qu’elle la détermine et la développe. Elle est aussi la réprésentation de la croyance, du savoir et des savoir-faire d’une communauté ou d’un peuple. Elle assure l’histoire et la continuité de sa culture. Elle est le témoin et le miroir de notre manière de naître, d’éduquer, de vivre, de travailler, d’apprendre, de croire, de créer,  de mourir…. Le lexique et les expressions reposent sur l’environnemental, le vécu, l’héritage des anciens.   Elle forge et alimente notre pensée. Elle entretient et diffuse nos valeurs humaines, sociales, familiales, spirituelles, philosophiques… Elle offre la possibilité d’intégration à tous ceux qui veulent s’installer et vivre avec nous. Elle a un rôle fondamental dans la communication. Elle assure la transmission verticale par la filiation, l’éducation, l’héritage au sens très large du terme ( pas seulement des biens et des valeurs matérielles). Elle est une véritable chaîne dont les maillons sont les différentes fonctions spécifiques. Elle coordonne et relie tous ces maillons. Elle joue un rôle social important en permettant à un peuple de se reconnaître, de se fondre et de se laisser entraîner dans une même  envie et un même plaisir de communiquer et de partager tout ce qu’elle draine avec elle.

« Poble que conserva sa llengua es poble viu. » (Catalan)

 « S’ellu si hà da more di frusciu, ùn vale a pena di chjode l’usciu. »

Si on doit mourir de diarrhée, inutile de fermer la porte.

 « Mora à picurinu. » (v. pecura)

Mourir comme une brebis.

«  Crever comme un chien. » (Français)

« Quandu a pera hè matura si ne casca. »  (v. agricultura)

Quand la poire est mûre, elle tombe. (Se dit de qqn. qui va mourir)

 « Per l’anime di i nostri morti. »

Pour les âmes de nos morts.

« Hà più bisognu di candele chè di duttore. »

Il a davantage besoin de chandelles que d’un docteur. (Se dit d’un mourant)

« Avete un lume davanti à voi. »

Vous avez une lumière devant vous, dit-on aux parents qui viennent de perdre un enfant.

« Hè mortu è po brudega. »

Il est mort et pourtant il bouge. (Dite par qqn. qui avait vu la montre pour la première fois)

« Hè mortu com’è un agneddu. »  (v. pecura)

Il est mort sans se plaindre. (D’une mort sans souffrance)

« Chì possi fà a morti di Canavaghja ! »  (v. paesi)

 Puisses-tu mourir comme à Canavaghja !

« Hè palidu com’è a morti. »

Pâle comme la mort.

« Ch’ellu ci ghjunga u cunfalone ! »  (v.ghjastimi)

Appeler la bannière de la mort !