Nascita, vita, campà :

Naissance, vie, manière de vivre :

 

« Induva tù nasci, pasci. »   (v. avvena)

Là où tu nais, tu grandis et tu te nourris.

«  Dove nasce, il verme si pasce. » (Talianu)

«  Dove tu nasci, quivi ti pasci. » (Toscana)

«  Tomar la corriente desde la fuente. » (Spagnolu)

 «  Là où Dieu vous a semé, là il faut fleurir. » (Roumain) 

«  Remonter à la source. » (Espagnol)

«  Celui qui est né sur les épines préfère mourir sur elles. » (Géorgien) (Attachement à sa terre et à ses racines)

« I to genitori rispettali in vita, morti ch’iddi sò ùn hani più bisognu.»

Il faut avoir du respect pour ses parents durant la vie et non après leur mort.

« Prima di more, bisogna à nasce. »  (v. morti)

 « Par mora ci voli à nascia. »

Il faut d’abord naitre avant de mourir.

Tema di l’evidenza. Di una manera più larga, ugni causa, ugni evenimentu pruduci una cunsiquenza, un risultatu.

Thème de l’évidence. Plus généralement, chaque cause, chaque évènement induit une conséquence, un résultat.

« Chì di ghjaddina nasci in tarra ruspa. » (v.  ghjaddina )

Qui naît poule aime à gratter. (Geste naturel de survie)

«  Chi di gallina nasce convien che razzoli. » (Talianu)

«  Chi di gatta nasce, sorci piglia. » (Talianu)

“ Chi nasce di gatta, piglia i topi al buio.” (Talianu)

«  Figlio di gatta catturerà sorci. » (Talianu)

 «  Qui naît poule aime à gratter. » (Français)

«  L’enfant de la souris sera toujours rongeur de sacs. » (Géorgien)

« Qui naquit chat court après les souris. » (Français)

« Natu u fantinu, natu u destinu. »

Lorsque l’enfant nait, son destin se dessine.

« Natu u fiatu, natu u fatu. » 

« Natu a personna, natu u destinu. »

Quand l’enfant nait, son existence est réelle et tracée par le destin.

« Quand’ellu si nasce, l’inzecula hè fatta. » (v. avvena)

A la naissance, le signe est tracé.

«  Al suo destin, mal si contrasta. » (Talianu)

«  L’avvenire è nelle mani di Dio. » (Talianu)

 «  Au cou de tout homme est attaché son destin. » (Arabe)

«  Il y a toujours, dans notre enfance, un moment où la porte s’ouvre et laisse entrer l’avenir. » (Graham Greene)

« Natu l’eghju, natu a pascura. »  (v. capra)

Lorsque le cabri nait, la pâture vient aussi.

 De la complémentarité des évènements naturels. (Ne soit pas inquiet)

« Pocu essa è più pocu fassi hè a vera manera di ghjittassi. »  (v. niscintria, vuluntà)

Être peu de chose et se diminuer encore est la vraie manière de se dévaloriser.

« Ùn esse è ùn fassi hè una manera di ghjittassi. »

« Ùn essa è ùn fassi hè una manera di sfassi. »

Ne pas être et ne rien faire pour devenir qqn. est une façon de se détruire.

« Pidda tempu è camparè. » (v. pacenzia)

Prends ton temps et tu vivras longtemps.

« Pidda u tempu com’iddu veni, è a muneta com’idda curri. » (v. soldi, tempu)

Prend le temps comme il vient, et la monnaie comme elle court.

«  Bisogna prendere il mondo come vienne. » (Talianu)

“ Per vivere e per star bene, prendi il mondo come viene.” (Talianu)

“ Oggi male, doman bene, prendi il mondo come viene.” (Toscana)

“ Scarpa granda e biccer pien, toeur el mond come el ven.” (Lombardia)

 «  Il faut prendre le temps comme il vient, les gens comme ils sont, et l’argent pour ce qu’il vaut. » (Français)

«  Prends le temps quand il vient, car le temps s’en ira. » (Anglais)

«  La vie, c’est 10% ce que vous en faites et 90% votre façon de la prendre. » (Irving Berlin)

« Figlioli di ghjatta, ùn ne nasce zenza unghje. »  (v. ghjattu, sumidda)

Il ne nait pas de chats sans griffes.

«  I figli dei gatti prendono topi. » (Talianu)

 «  Qui naquit chat court après les souris. » (Quitard, 1 862)

«  L’épine en naissant va la pointe en avant. » (Français)

«  Ce qui naît de la chatte attrape des souris. » (Roumain)

« Bisogna à nasce à bona luna. »

Être né sous une bonne lune.

«  Il est né sous une bonne étoile. » (Français)

Il est à noter l’importance da la lune dans la vie quotidienne des corses. Elle est tour à tour malfaisante ou bienfaitrice, aussi bien pour les récoltes agricoles que pour de nombreux actes de la vie. Elle a aussi, dans la mémoire collective, une grande influence lors de la naissance d’un enfant. Voir aussi le proverbe suivant.

« Nascenu i figlioli in u quartu di luna ch’elli sò  ingenerati. »

Les enfants naissent dans le quartier de la lune qui les a vus engendrer.

« Ugnunu nasci cù u so distinu.“  (v. avvena)

Chacun nait avec son destin.

«  Cada uno nace con su sino. » (Spagnolu)

 «  Quand la flèche de la destinée a été lancée, ce n’est pas le bouclier de la prudence qui garantit de ses coups. » (Turc)

« Viva chì vince è chì hè  perdente more. »  (v. morti)

Le gagnant vit, le perdant meurt.

« Ci hè pocu meritu à nascia riccu. »  (v. ricchezza)

Il n’y a pas de mérite à naître riche.

Cependant la richesse est un terreau et une garantie pour faire fleurir  celui qui est « bien né » comme dans le proverbe :

«  On n’évite pas de fleurir si l’on est bien né. » (Jacques Rivière)

« À nasce riccu ùn hè virtù soia. »  (v. ricchezza)

Naître riche n’est pas une vertu propre.

« Esse di bon’albergu. »

« Essa di casata bè. »

Être de bonne souche, de bonne lignée.

« Ognunu ride è a casa hè festosa, se bene maschi ; ma tuttu cambia se nasce imbece una pisciulosa. »

Tout le monde est joyeux et la maison en fête, s’il naît un garçon ; mais tout est différent s’il vient au monde une pisseuse.

« Malatia di nove mese. »

Maladie de neuf mois (grossesse).

« Chì hà brame in gravidanza è si tocca in qualchi parte, face vene à u figliolu sopra quellu stessu locu ciò chè a donna hà bramatu. »

Lorsqu’une femme enceinte a des envies quelque part, elle reporte sur son enfant, au même endroit, la même envie.

« Nun devenu avè brame chè e donne gradive. »

Seules les femmes enceintes peuvent avoir des envies.

« A donna gradiva chì hà a faccia machjata face una figliola femina, un maschju se ella hà u corpu pinzutu. »  (v. donna)

La femme enceinte qui a le visage taché a une fille, un garçon si elle a le ventre pointu.

Croyance inverse dans le proverbe :

«  Ventre pointu n’a jamais porté chapeau (annonce une fille). » (Français)

„Bestia pregna u maschiu rispinghje,

Donna gravida à l’omu si stringhje. »  (v. donna)

Bête grosse repousse le mâle, femme enceinte se serre davantage à l’homme.

 « Donna impedita pensa à le pagliole

È prepara per tempu e fasciole. »  (v. donna)

Une femme enceinte pense aux couches et prépare, en temps voulu, les langes.

« Donna impedita deve avè assai più cura di sè chè quand’ell’hè scapula. »

Une femme enceinte doit prendre davantage soin d’elle-même que lorsqu’elle ne l’est pas.

« Per parturì bisogna à suffrì. »  (v. difficultà)

Pour accoucher il faut souffrir.

« Ne face bè ne face dannu sopra e donne u cambià di luna, ghjacchè lunatiche sò tuttu l’annu. » (v. donna)

Le changement de lune peut avoir une influence positive ou négative sur les femmes, vu qu’elles sont lunatiques toute l’année.

« Cumar Chilina deve esse in li dulori ghjacchè hanu tumbatu a gallina. » (v. ghjaddina)

Madame Chilina doit être sur le point d’accoucher, étant donné qu’on a tué la poule.

À l’epica, quandu ugnunu si sbrugliava par avè di chì manghjà, st’ecunumia era u solu mezu par fà campà a famidda, quiddi chì n’aviani a pussibiltà addivavani l’animali par amiddurà i so ripasti cutidiani. A ghjaddina è u ghjaddu erani risirvati pà i ghjorna di festa, com’è a nascita di un ziteddu.

Lorsque l’économie de subsistance était le moyen de gérer la vie familiale, ceux qui en avaient la possibilité élevaient des animaux pour agrémenter leurs plats quotidiens. La poule ou le coq étaient réservés aux jours de fêtes, tel que la naissance d’un enfant.

« Donna chì allatta, deve ben manghjà, tenesi allegra è pocu travaglià, nun manghjà agrumi ne fà l’amore, ne dà u senu quand’hè in sudore. »

La femme qui allaite son enfant doit bien se nourrir, être joyeuse et peu travailler, ne pas manger d’agrumes ni faire l’amour,  ni donner le sein lorsqu’elle transpire.

« A minestra face u latte. »

La soupe fait monter le lait de la mère.

« Si hè belli disgraziati di ùn sapè da chì si hè ingenerati. »

On est vraiment malheureux d’ignorer son ascendance.

 “Chì manhja i fasgioli risica d’avè a panza gonfia.” (Fig.)

Celle qui mange des haricots risque d’avoir le ventre gonflé. (Figuré)

« Chì và in Aregnu resta pregna. » (v. paesi)

Qui va à Aregnu tombe enceinte.

« I zitelli ùn nascenu micca per opera di u Spiritu Santu. »

Les enfants ne viennent pas au monde par l’opération du Saint Esprit.

« Sai induva tù nasci, ma micca induva tù hai da mora. »  (v. incertezza, morti)

Tu sais où tu es né, mais tu ignores où tu vas mourir.

«  Si sapa duva si nescia, non si sapa duva si mora. » (Calabria)

 «  On sait bien  quand on part, mais jamais quand on revient. » (Français)

« Nanzi l’ora, nè si nasci nè si mori.  (v. morti)

Avant l’heure, ni on ne nait ni on ne meurt.

«  Pour payer et mourir, on a toujours le temps. » (Catalan)

«  Attend la mort pour louer la vie et le soir pour louer le beau jour. » (Espagnol)

« À chì nasci mulu ùn torra cavaddu. » (v. cattiva educazioni, cavaddu, apparenza)

Un mulet ne sera jamais un cheval.

«  Chi nasce mula, non può morir Cavalla. » (Talianu)

«  Togli la coda al cane e riman cane. » (Toscana)

«  Chi nasce ciùcce, no mmore cavàdde. » (Puglia)

«  La scimmia è sempre scimmia, anco vestita di seta. » (Talianu)

«  Cocela comi vù, sempri è cucuzza. » (Calabria)

«  Chi bestia va a Roma, bestia ritorna. » (Talianu)

 «  Quand on est bête, c’est pour la vie. » (Français)

«  Un âne chargé d’or ne laisse pas de braire. » (Espagnol)

«  D’un œuf de diable ne peut sortir qu’un petit diable. » (Roumain)

«  Âne paré de satin est toujours un âne. » (Persan)

«  Même conduit à la Mecque, l’âne de Jésus reviendra âne. » (Persan)

«  Le corbeau deviendrait-il un cygne en se baignant dans le Gange ? » (Indien)

«  Il ne suffit pas à un chien d’avoir la queue coupée pour ressembler à un cheval. » (Indien)

«  On ne peut faire un épervier d’un busard. » (Le Roux, 1 752)

«  Qui bête va à Rome, tel en retourne. » (Français, Catalan)

«  Serpent qui change de peau est toujours serpent. » (Martinique)

«  Polissez un louveteau, vous n’en ferez point un agneau. » (Russe)

«  Si longtemps qu’un morceau de bois reste dans l’eau, il ne se change pas en crocodile. (Bambara, Afrique)

«  On ne peut faire un épervier d’un busard. » (Le Roux, 1 752)

« Campà più passu chè grassu. »

Un maigre est souvent en meilleure santé qu’un gros.

« Campa à stondi com’è u pettirussu. »  (v. aceddu)

Il vit pas épisode.( Santé fragile)

« Campà com’è un papachjonu. »

«  Être comme un coq en pâte. » (Français)

« Chì hà vivu, vive. »

« Per vive ci vole u vivu. » (v. animali)

Qui possède des animaux (vivants), vit bien.

« Campà à purghjitura. »

Vivre d’aumônes.

« Campà à chjochjò. »

Vivre en prenant son temps et selon sa fantaisie.

« Campa è lascia campà. »

Vis ta vie et laisse vivre les autres.

«  Campa e lassa campà. » (Lazio)

«  Bisogna vivere e lasciar vivere.“ (Talianu)

 « À chì nascì, à chì nascichjò. »  (v.inghjustizia)

«  C’è chi nacque vestito e chi nacque striminzito. » (Talianu)

«  Quien antes nace, antes pace. » (Spagnolu)

«  Tel richement naquit, tel autre est né riquiqui. » (Français)

«  Le premier–né a la plus grosse part. » (Espagnol)

« À chì hè natu deve more, à chì hè accumpagnatu deve sparte. » (v. morti)

Tout vivant doit mourir, tout homme accompagné doit partager.

«  Si tu veux vivre, meurs. » (Juif)

De la relation entre la vie et la mort :

«  La vie est un oignon : on pleure en le pelant. » (Américain)

« Ci voli à nascia par pascia. »

Il faut avoir de la naissance pour savoir paître.

« Chì nasce male ùn pò trattà bè. »

Qui n’est pas bien né, manque d’éducation.

“Di leva in pulleva ( purleva).”

De génération en génération, pour la postérité.

« À chì campa si rifaci. »  (v. spiranza)

Qui vit se refait une situation.

«  Chi non muore si rivede. » (Talianu)

«  Chi nun more, sempre se vede. » (Campania)

« Ǽgroto dum anima est, spes est. » (Latin)  (Tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir)

 «  Tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir. » (Français)

«  Vivre n’importe comment, mais vivre ! » (F. Dostoievski !

«  La vie, même avec des peines, vaut mieux que le sommet de la tombe. » (Arabe)

«  Celui qui n’est pas mort peut tout faire. » (Malinké, Afrique)

« A vita hè un’ affacata à u purtellu. »

la vie est de courte durée, le temps de se mettre à la fenêtre.

« La vie est comme une voiture qui roule. » (Africain)

« A vita hè mischjata tra mele è assensu. »

La vie est un mélange de miel et d’absinthe (de bon et de mauvais).

«  La vie est faite de marbre et de boue. » (N. Hawthorne)

«  La vie est un oignon qu’on épluche en pleurant. » (Armand Masson)

«  La vie, c’est 10% ce que vous en faites et 90% votre façon de la prendre. » (Irving Berlin)

« La vie est une question d’orthographe : sans elle, la mort ne serait qu’un mot. » (Français)

« La vie est comme testicule de mouton, ça balance. » (Africain)

« La vie est comme une voiture, chacun est son chauffeur. » (Africain)

« La vie est une rosée passagère. » (Japonais)

« A vita (u mondu) hè fatta a scali, à chì codda, à chì fala. »  (v. furtuna, mondu)

La vie est une échelle, certains la montent, d’autres la descendent.

« A vita hè fatta à cricca, à chì a pò a ficca. »

La vie est faite à loquets, celui qui peut le faire trompe l’autre.

«  Il mondo è fatto a scale, chi le scende e chi le sale. » (Talianu)

«  Questo mondo è fatto a scarpette, chi se le cava e chi se le mette. » (Talianu)

«  ‘A furtuna è fatta a scala, chini scinni e chini sali. » (Calabria)

“ No hay historia humana…que no tenga sus altibajos.” (Spagnolu)

«  Il en est ainsi en ce monde, quand l’un descend l’autre monte. (Prov. Gallica XV° s.)

«  Le monde est une échelle, qui monte et qui descend. » (Français)

«  La vie est une échelle, les uns montent, les autres descendent. » (Bulgare)

«  La vie est comme la lune, tantôt pleine, tantôt vide. » (Bulgare)

«  Le vent de prospérité change bien souvent de côté. » (Almanach perpétuel 1774)

«  Il n’y a pas d’histoire humaine qui n’ait ses hauts et ses bas. » (Espagnol)

« La vie est comme l’eau dans la pirogue : elle va d’un côté à l’autre. » (Africain)

 « À chì campa tuttu l’annu vedi tutti i festi. »  (v. festi)

Qui vit toute l’année voit toutes les fêtes.

«  Lo que fuere, sonará. » (Spagnolu)

 «  Qui vivra verra. » (Français)

« Piglia tempu chì camperai. »

Prends ton temps et tu vivras vieux.

« Per campà bisogna à manghjà. »

Pour vivre il faut manger.

“ Si deve mangiare per vivere, no vivere per mangiare.” (Tulianu)

«  Se magna pe’ campà, no’ pe’ crepà. » (Lazio)

 «  L’homme qui a le plus vécu n’est pas celui qui a compté le plus d’années, mais celui qui a le plus senti la vie. » (J.J. Rousseau)

«  Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger. » (Français)

« Più si campa più si ni vidi. » (v.cunniscenza)

Plus on vit plus on en apprend.

«  Chi acquista sapere, acquista dolore. » (Talianu)

«  Más vale saber que haber. » (Spagnolu)

 «  Plus on sait, moins on affirme. » (Italien)

« Ce que nous manque nous instruit. » (Allemand)

«  Le doute est la clef de toute connaissance. » (Arabe)

«  Le savoir vaut mieux que la richesse. » (Espagnol)

« Ne cesse pas d’apprendre, pas même un instant. » (Persan)

«  La véritable science enseigne, par-dessus tout, à douter et à être ignorant. » (Miguel de Unamuno)

«  Le vrai sage est celui qui apprend de tout le monde. » (Persan)

«  Tant qu’on vit, on s’instruit et pourtant on meurt bête. » (Lituanien)

Manera di veda più murali di u sapè, di a cunniscenza, di a sapienza in i pruverbii chì suvetani. Ancu s’idda assicurighja una ricchezza materiali, pò dinò essa un strumentu priculosu par l’umanità s’idda si smintica tutti i valori murali è umani.

Approche plus morale du savoir, de la connaissance, de la « science » dans les proverbes suivants. Si elle assure une véritable richesse matérielle, elle peut aussi se révéler un instrument dangereux pour l’humanité si elle oublie totalement les valeurs morales et humaines.

«  Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. » (Rabelais)

«  La science sans vertu, c’est l’épée du diable. » (Polonais)

« C’est lorsque l’on a accédé à la connaissance que l’on découvre que l’ignorance a failli nous tuer. » (Africain)

 « Una vita peghju chè un caracò. »  (v. cattiva educazioni)

«  Une vie de patachon ». (Français)

« Chì impara à natà, impara à campà. »

Qui apprend à nager, apprend à vivre.

« Chì impara à salì, impara à murì. »

Qui apprend à grimper, apprend à mourir.

« Campà quant’è pane caldu. »

Durer autant que le pain chaud. (Durer très peu)

« Tutta a nostra vita hè neve à u sole. »

La vie est comme la neige au soleil. (Elle ne dure guère)

« A vita hè un’affaccata di purtellu. »

La vie est une courte apparition à la porte.

«  La vita è breve. » (Talianu)

“ A vita è ‘n’affacciata ‘e fenesta.” (Campania)

«  La vita è curta, la morta è sicura e l’ora de morì nun se sa. » (Lazio)

 «  Hâte-toi de bien vivre et songe que chaque jour est à lui seul une vie. » (Sénèque)

«  Vivez, si m’en croyez, n’attendez pas demain : ceuillez dès aujourd’hui les roses de la vie. » (Ronsard)

«  La vie est comme le fumet qui s’échappe de la marmite, on veut y faire attention et déjà il n’est plus là. » (Maori)

«  La vie de l’homme entre ciel et terre est comme le saut du coursier blanc qui franchit un ravin d’un bord à l’autre, l’espace d’un instant. » (Chinois)

«  La vie humaine est une rosée passagère. » (Japonais)

« La vie est une bougie dans le vent. » (Japonais)

« À chì nasce tortu ùn pò more drittu. » (v. falsità)

Celui qui naît tordu ne peut mourir droit.

 Se dit de qqn. qui persévère dans l’erreur, la mauvaise foi  ou la fausseté.

« Ùn ghjudicà a to vita fin’a l’opera finita. »

Ne juge pas ta vie avant de l’avoir finie.

« La vie est la meilleure de toutes les affaires. La preuve, elle nous est donnée pour rien. » (Yiddish)

“Chì male campa, peghju more.”

Qui vit mal, meurt encore plus mal.

« Avè u sangui di cimicia. »

« Avoir du sang de navet. » (Français)

“I morti incù i morti, i vivi incù i vivi.” (v.morti)

Les morts avec les morts, les vivants avec les vivants.

“I morti incù i morti è i vivi incù e fritelle.” (v.morti)

Les morts avec les morts et les vivants avec les beignets (la fête).

«  I morti alla terra, e i vivi alla scodella. » (Talianu)

Si sà l’impurtanza di a morti è di u cultu di i morti in i civilisazioni di u mediterraniu è particularmenti in Corsica. Ùn ci hè chè da veda l’impurtanza è a qualità di i campusanti è diversi tombi è cappeddi fatti pà i morti. Eppuri ci hè una bedda distinzioni in sti pruverbii tra  i vivi è i morti. Rispittendusi unu cù l’altru, ugnunu devi tena a so piazza. A vita devi campà à cantu à a morti incù tutti i so dritti, è ancu quiddu di fistighjà incù l’altri spartindu a gioia grazia à i raprisintanti di a festa : i friteddi.

On connaît l’importance de la mort et du culte des morts dans les civilisations méditerranéennes et plus particulièrement en Corse. Il n’est que de constater l’importance et la qualité des cimetières et divers tombeaux et  chapelles destinés aux morts. Cependant il est à noter dans ces proverbes la distinction faite entre les vivants et les morts. Dans un profond respect, chacun doit rester à sa place. La vie doit exister à côté de la mort avec tous ses droits dont celui de faire la fête avec les autres en communiant grâce l’élément symbolisant  les festivités, les beignets.

“Sullevate i vivi, i morti ùn manhjanu più.” (v.morti)

Aidez les vivants car les morts n’ont plus besoin de rien.

«  Non ricordare i morti a tavola. » (Talianu)

A tradizioni di i morti ùn si cuntenta micca solu di st’aspettu materialistu. À u cuntrariu una piazza impurtantissima hè data à u cultu di i morti, particularmenti pà u ghjornu di i morti (a notti da u prima à u 2 nuvembri), quandu s’offri à i morti da manghjà, una manera di cumunicà è di sparta incù iddi u pani santu. « A cunfinetta di i morti » si cumponi à spissu di pani biancu, di brocciu passu, di salamu, d’oliu è di vinu.

Listessu affari quandu si zappa u fossu di un mortu, ùn si cuntorra micca i resti di u spuntinu in casa. I resti, chjamati « pani di i corba », sò lasciati supra piazza pà u salvaticu.

La tradition des morts ne semble pas se contenter de cet aspect matérialiste. Au contraire une place importante est réservée au culte des morts, particulièrement pour le jour des morts (dans la nuit du 1 au 2 novembre), où l’on offre aux défunts de quoi se nourrir, une manière de communier et de partager avec eux le pain du seigneur.  « A cuffinetta di i morti » se compose souvent de pain blanc, de brocciu sec, de saucisson, d’huile et de vin.

De même, lorsqu’on creuse la tombe d’un mort, on ne ramène rien à la maison du « spuntinu » que l’on a pu consommer sur place. Les restes, appelés « pane di i corbi », sont laissés au sauvage.